La comédienne Édith Paquet peut assumer pleinement son rôle d’auteure dramatique. Celle qui avait présenté Mélanie sans extasy au Théâtre La Licorne en 2013 dans le cadre de la soirée Théâtre tout court revient ici avec la version longue de sa pièce à Zone Homa. Pour l’occasion, Paquet s’est entourée de Jean-Simon Traversy pour la mise en lecture et d’acteurs tous aussi drôles les uns que les autres (Marc-François Blondin, Louis-Olivier Mauffette et Éric Robidoux). Le rôle principal a été confié à Véronique Pascal, que l’on a d’ailleurs pu voir au Zoofest cet été dans la pièce La Gardienne.

Bien que l’interprétation variait d’un acteur à l’autre – certains comédiens semblaient davantage incarner leur personnage – , mention spéciale à Véronique Pascal qui a maintenu le cap du début à la fin. Elle incarne Mélanie, une jeune trentenaire en quête de sens, qui a déjà expérimenté la drogue, les raves et les rencontres amoureuses peu fructueuses. Entre un job peu valorisant à l’Assurance-emploi, ses cours de yoga et une sœur au rarissime sourire avec laquelle la rigueur est de mise, Mélanie accédera à une vérité qui la délivrera de son état léthargique. Et ce, même si elle doit subir un séminaire pour devenir enseignante de yoga, au risque d’y perdre sa lucidité!

Une quête de sens hilarante

Si Mélanie peut sembler blasée, les personnages qu’elle côtoie viendront édulcorer son anéantissement avec beaucoup d’humour. Il y a d’abord sa rencontre hasardeuse avec un ex voué à une carrière en chimie, mais retenu dans un centre en raison d’une dépendance à la drogue. Interprété par Éric Robidoux, ceux qui ont vu la pièce Les Flâneurs Célestes, croiront à la résurrection de Kevin, jeune trentenaire marginal dont la consommation abusive de champignons magiques lui a laissé de sérieuses séquelles. En effet, la construction du personnage est similaire : mêmes mimiques, mêmes tics. Cette rencontre ranimera un sentiment d’urgence chez Mélanie. C’est pourquoi elle investira dans une formation de yoga, mais quel délire! Pas toujours évident de faire le vide. Marc-François Blondin en Charlot respirant un peu trop la sérénité est hilarant, et les répliques cassantes de Véronique Pascal à son égard le sont tout autant.

Belle gang de fous! De la douceur incarnée d’Édith Paquet en professeur à Éric Robidoux, genre de Gandhi, répétant et chantant des mantras, il y a de quoi devenir complètement fou. Ce tableau est – scéniquement parlant – très beau et très drôle… jusqu’à ce que Robidoux quitte la scène telle une Amazone voluptueuse rappelant Les douze travaux d’Astérix. Et que dire de Louis-Olivier Mauffette en samouraï?  Ça disjoncte solide.

Mélanie sans extasy fait preuve d’une sensibilité touchante. Mélanie, qui réussira à trouver une sérénité et des réponses à ces questionnements, risque de laisser les spectateurs dans un état de bien-être et de satisfaction assez intéressant merci.

Edith Malo

Mélanie sans extasy était présentée à la Maison de la culture Maisonneuve le 27 juillet 2016 dans le cadre du festival Zone Homa.
Pour la programmation complète, c’est ici.