Le côté bien plaisant de ZH Festival, c’est qu’il est autant possible d’aller voir une performance intense qui laisse des traces, une lecture d’un texte qu’on verra sur une scène près de chez nous dans quelques années, que d’assister à un spectacle de gros rock sale. Jeudi soir, c’est à la Maison de la culture Maisonneuve que Sainte Rose et Fuudge se sont donnés rendez-vous pour agiter un brin la cage d’un public plus calme que nature.

Sainte Rose : belle entrée en matière

C’était peut-être à cause de la disposition de la salle, qui était jonchée de chaises qui ne prêtaient pas nécessairement à l’ambiance de spectacle habituelle : Sainte Rose – feu Casino – a joué devant des spectateurs très discrets. Avec énergie, les musiciens – Bryan Biondi, Joseph Berlangieri, Marc Gebrayel, Corey Biondi et Michael Berlangieri- se sont tout de même démenés à travers les pièces de leurs deux EPs, Bloodlines (2015) et Sweet Talk (2016).

« Excusez-nous, ça sonne un peu fort non? Ça sonne fort pour nous, et pour vos oreilles! », a lancé le chanteur à la voix puissante comme pour s’excuser de déplacer de l’air. Quelques rires ont résonné, réchauffant la vibe un peu tiède par le fait même. Et vraiment, pas d’excuse qui tienne : le band a joué avec beaucoup de maîtrise son répertoire indie rock aux accents électro.

Des chansons riches, très habitées, qui flirtent entre énergie brute et mélancolie planante. C’est intéressant, mais peut-être encore trop baigné des inspirations des gars : on entend ici un extrait de Say It Ain’t So de Weezer, là des notes qui dont penser à des balades rock un peu trop génériques. Le potentiel – même commercial – du band est toutefois indéniable. À découvrir si ce n’est pas déjà fait.

Fuudge : le clou de la soirée

La fébrilité a commencé à se pointer le bout du nez à l’approche du show de Fuudge, visiblement le moment plus attendu de la soirée. Faut dire que Fuudge, ça torche en spectacle (et je pèse mes mots). C’est avec la pesante Satan tirée de Man! – EP2 (2017) que le quatuor rock grunge a lancé le bal. Le décompte est tout de suite démarré : combien de temps le public allait-il rester assis? Un défi en soi.

Ça a continué dans la même veine avec l’efficace En sang. Oh, deux assis ont décidé de se révolter pour aller agiter énergiquement la tête devant la scène. Le meneur David Bujold a lancé un retentissant : « Je suis né à un coin de rue d’ici, et j’ai grandi à trois coins de rue. C’est mon hood icitte! ». Un spectateur lui a souhaité un bon retour à la maison avant que le groupe poursuive son tour de chant entre la folle Innocent, la prenante Caller un magicien et autres : le duo debout avait maintenant de nouveaux amis qui s’en sont donnés à cœur joie.

À part quelques problèmes de son hors du contrôle des gars – et bon, quelques petites erreurs par ci par là -, Fuudge a livré une excellente performance. C’était efficace, fluide : ça avait la gueule des bands qui vont faire leur bout de chemin. On a même eu droit à de nouvelles chansons décapantes, qui confirment que les musiciens ne sont pas sur le point de s’assagir. Au contraire. « Comme vous pouvez le constater, le prochain album risque d’être un peu heavy! » a commenté Bujold en souriant. On a déjà hâte.

Mélissa Pelletier

ZH Festival, du 7 juillet au 12 août 2017. Pour toutes les informations, c’est ici.

BABILLARD : Un événement à annoncer? Une formation dans le milieu culturel à faire découvrir? Envie de jammer avec des artistes de feu? Une offre d’emploi? Un autre truc à partager? C’est ici que ça se passe, maintenant, pour partager avec les lecteurs des Méconnus!

À DÉCOUVRIR AUSSI :