Au sortir de la salle du Théâtre Hall Concordia, où le festival Fantasia venait de projeter Wrong, chacun devait avoir la conviction que Quentin Dupieux, alias M. Oizo, s’est éclaté à réaliser ce film sur la simple vie d’un homme ayant perdu l’amour de sa vie : son chien. Wrong, à l’instar de Rubber, le premier long-métrage important du réalisateur, regroupe une panoplie de personnages étranges, aussi banals que fascinants, évoluant dans un univers où la logique n’est plus celle que l’on connaît. Si vous êtes un adepte de l’absurde, Wrong est tout à fait le genre de film qui vous plaira.

« Wrong » est d’ailleurs le leitmotiv qui traverse constamment la pensée du spectateur au fil de la projection, que ce soit parce que le réveille-matin de Dolph Spring sonne chaque matin à 7h60, qu’il pleuve constamment à l’intérieur du bureau d’agence de voyages où notre protagoniste principal se rend chaque jour travailler, ou que le voisin de notre héros soit terriblement complexé du jogging qu’il fait chaque matin. Dupieux réussit à créer un univers qui nous est à la fois familier et surréaliste. Une certaine poésie, parfois tout à fait ridicule, vient à plusieurs reprises émouvoir agréablement les spectateurs. Seul bémol, quelques passages apparaissent redondants et brisent momentanément le rythme, discutable il est vrai, du récit.

Wrong est le film dont il n’y a pas grand-chose à comprendre, mais qui est extrêmement agréable à regarder pour la beauté et l’absurdité de cette folle aventure dans laquelle il nous entraîne. Un gros merci à Quentin Dupieux de nous concocter des films de la sorte. C’est un véritable baume au cœur, la dose parfaite de « n’importe quoi » nécessaire contre l’ennui et la dépression immanente à notre société.

– Florence Grenier-Chénier