Je ne la connaissais pas avant de lire Villes Mortes qui vient de paraître chez Les Éditions de Ta Mère et, au bout de quelques recherches, j’en ai été bien surprise. Pas seulement parce que j’ai eu beaucoup de plaisir à embarquer, tour à tour dans l’univers des quatre femmes qui y prennent la parole, mais également parce que chacune de ses créations se sont vues saluées et que ses collaborateurs usuels jouissent d’une certaine renommée. Il s’agit d’un deuxième roman pour l’auteure, mais on lui doit également des pièces de théâtre, notamment Les Orphelins de Madrid et Yukonstyle.

Une étoile montante ou un trésor qui n’était caché qu’à moi? Je ne saurais dire, mais le second roman de Sarah Berthiaume est décidément un petit bijou d’écriture qui sied à tous les genres.

Pour Jean-Pierre Ferland «Montréal est une femme», aux yeux de Sarah Berthiaume, plusieurs villes le sont. Pompéi, Gagnonville, Kandahar et DIX30, recouvrent de nouveaux jours pour vous, lecteurs, qui aurez du mal à réprimer vos gloussements si vous vous prêtez à l’expérience dans un lieu public.

Chacune des villes est présentée sous un jour à la fois individuel et social, ce qui aurait facilement pu sombrer dans le cliché de la morale grossièrement dissimulée; mais le fait est que le regard est si aiguisé, les métaphores si savoureuses et farfelues et le ton si «juste» que la fluidité est intacte : on a fait une tonne de liens sans avoir eu à s’arrêter. Soudainement, les choses faisaient du sens d’elles-mêmes.

Je disais bijou plus tôt et je réitère. Villes Mortes, propose quatre portraits concis, mais complets, livrés dans un style où chaque mot est minutieusement choisi et illustrés par quatre artistes de la relève. Une collaboration où tout le monde est gagnant, en particulier le lecteur.

Une pièce du même nom était déjà née de sa plume en 2011. Je ne sais si l’équilibre entre le sentiment amoureux, la filiation, le devoir civil et l’intégrité y étaient traités avec autant de passion et en si grande symbiose avec la sphère sociale, mais je suis décidément curieuse de m’initier à sa première flamme, l’écriture dramatique. Une auteure à surveiller!

Vickie Lemelin-Goulet

Villes mortes, Sarah Berthiaume, Les Éditions de Ta Mère, 2013