Je ne me lancerai pas dans un plaidoyer pour l’égalité des sexes : mes prédécesseures  l’ont fait beaucoup mieux que mon statut actuel de femme ne m’inciterait à le faire.  De leur lutte de longue haleine, qui apparaît à certains dépassée aujourd’hui, demeurent néanmoins de belles institutions, telles Vidéos Femmes. Cet organisme a été fondé en 1973, dans le but d’inciter et de guider des femmes dans le processus de création cinématographique, puis de les aider à promouvoir et assurer la diffusion de leurs œuvres dans des institutions scolaires, des centres sociaux, mais aussi dans des festivals à travers le monde. Ne criez pas à la misandrie, des hommes font également partie du processus créatif dans bien des cas. C’est d’ailleurs un homme qui a accueilli le public venu voir la projection des nouvelles acquisitions de Vidéos Femmes qui, trois fois par an, établit une sélection parmi les films qui lui sont soumis et en fait la présentation au public.

Ce mardi, c’est donc à la Cinémathèque Québécoise que les friands de courts-métrages indépendants devaient se rendre pour se repaître de ces œuvres brèves, mais riches en émotions et spéculations. Les œuvres au programme étaient de tous les genres: faux documentaire, science-fiction, scène de vie, portraits ou discours introspectifs, donnant lieu à des  situations tantôt sympathiques, tantôt malaisantes, parfois carrément insolites.

Malgré les différences dans le traitement de l’image, de la narration et du découpage, ainsi que l’écart d’âge qui sépare les différentes réalisatrices mises en vedette, l’enchaînement des treize courts métrages semblait aller de soi. Le tout était tellement fluide, que force m’a été de constater que la cohésion se faisait au niveau du regard posé sur le monde et des thématiques analysées par ce dernier. Le passage de l’enfance à la vie d’adulte, les relations familiales et le rapport amoureux ont, en effet, été présentés sous les formes les plus diverses menant à des dénouements inattendus.

Je parlais plus tôt de similitudes dans le regard proposé par les cinéastes. Bien que la nature des œuvres suggère des réflexions différentes, on note une certaine nostalgie à travers les courts-métrages au programme : celle de la jeunesse évanouie, celle de la famille unie, celle de soi-même qu’on croit avoir perdu en cours de route. On ne témoigne pas toujours d’un regret, mais ce regard en arrière est, à tous les coups, empreint d’une charge émotive et d’une appréhension pour le futur digne de la légendaire fibre maternelle que l’on attribue aux femmes de ce monde.

Ne serait-ce que par cette unicité ressentie à travers des cheminements si distincts, on comprend que des institutions comme Vidéos Femmes persistent dans leur mission de promouvoir une vision féminine du monde. Si le prochain rendez-vous est fixé dans quatre mois, les œuvres que l’organisation épaule seront néanmoins diffusées à gauche et à droite d’ici là. Soyez alertes, vous verrez que leur déploiement est peut-être discret, mais constant.

– Vickie Lemelin-Goulet

 

Pour plus d’informations:

www.videofemmes.org