Crédit photo : dominique t skoltz˜, { nerfs }, 2013, avec l’aimable permission de l’artiste

Vidéomusique 2013. Il y a eu une projection semblable l’an dernier, et aussi l’année précédente. Depuis 2006, le MAC propose une projection annuelle d’œuvres vidéomusicales, et Louise Simard, responsable des créations multimédia, découvre et aime cet univers à part.

« Le projet, explique-t-elle, a évolué» ; un programme qui, à ses débuts, visait à passer en revue les grandes étapes de l’histoire du vidéoclip devient une véritable immersion dans ce qui semble une série d’expériences visuelles et sonores, un terrain de jeu pour artistes avides de nouveauté. Ne vous attendez donc pas à vous rincer l’œil devant des armées de jeunes filles qui se tortillent le derrière, ni à voir les abdos de quelque rappeur que ce soit. Oubliez la télé.

Le monde de la vidéomusique, dit Louise Simard, c’est un laboratoire de création.»

Pour créer la programmation de Vidéomusique 2013, elle s’est basée sur trois grands critères. Un, le caractère exceptionnel de la performance artistique. Deux, l’importance du travail de création du réalisateur. Trois, l’innovation, l’apport d’une nouveauté rafraîchissante qui fait bouger le monde du vidéoclip.

Les moyens de communication évoluent à une vitesse extrême ; les outils de création, évidemment, en font autant. Les œuvres ne peuvent que s’en ressentir. Réalisé par Ninian Doff, le clip de Graham Coxon What’ll it take a été monté à partir de dizaines d’extraits vidéo envoyés par des fans. C’est un personnage morcelé qui danse, un montage des corps des spectateurs. Unnamed soundsculpture, de Daniel Franke et Cedric Kiefer, fait voir un corps insaisissable, numérique. L’image est le résultat de l’improvisation d’une danseuse sur une chanson de Machinefabriek, devant 3 caméras dirigées par la musique. Vincent Morisset, pour Sprawl II (Mountains beyond mountains) d’Arcade Fire, a créé deux versions du même clip ; dans la version interactive, le rythme de la chorégraphie dépend des mouvements du spectateur devant l’écran. Et dominique t skoltz, avec {nerfs} (premier extrait présenté au public d’une série de tableaux cinétiques, y20), dévoile un travail d’une impressionnante force visuelle. Vraiment.

Les clips présentés, neuf en tout, donnent l’impression d’être la pointe de l’iceberg. Le monde de la vidéomusique est plus large qu’il n’y paraît. Le clip, je l’ai compris aujourd’hui, peut être à la fois objet de culture populaire, phénomène social et espace de création.

Un grand écran, c’est mieux qu’un portable. Et la salle de projection a de meilleurs haut-parleurs que votre ordi. Allez donc au MAC.

– Anaïs Savignac

Pour plus d’informations : www.macm.org