Will Driving West Crédit photo: Daphné Caron et Nicolas Gauthier

Mine de rien, je me suis attachée au Zone Homa. Du 16 juillet au 24 août, ce « lieu d’expérimentation et de création estival » a présenté une brochette impressionnante d’artistes de la relève. Bien sûr, ça a agi comme un aimant sur moi, et je me suis gâtée côté shows! Pour souligner la fin de ce beau festival à la Maison de la culture de Maisonneuve, j’ai été assister hier à la prestation intimiste de Will Driving West et Harvest Breed.

 

Will Driving West

C’est à un début un peu timide que nous avons eu droit avec le groupe folk Will Driving West. Après quelques pièces tirées du premier album The Breakout (2010) et du plus récent Castles (2012), le chanteur et guitariste David Ratté nous a accueilli de sa voix rauque : « Habituellement, le temps est toujours compté. Aujourd’hui, Zone Homa nous a dit qu’on pouvait dépasser. Tant mieux pour vous! » Le ton a été lancé : entre interventions tantôt drôles, tantôt redoutables d’intensité, le chanteur, accompagné d’Andréa Bélanger (piano, voix, banjo, percussions), Camille Paquette-Roy (violoncelle), Benoît Caron (batterie et percussions) et Nicolas Ouellette (guitare et basse), a enchaîné sans fausse note ses mélodies aux accents mélancoliques et presque lourds.

Parce que les compositions de Will Driving West sont sans compromis. Sans pudeur, le groupe plonge dans des sujets maintes fois explorés (eh oui : rupture, amitié bienfaisante, l’envie de tout laisser tomber) d’une manière fraîche. Comme si ces sentiers n’avaient pas été battus mille fois, Will Driving West explore d’un regard neuf ces sujets à la limite du cliché. Et ma foi, ça fonctionne!

Si cette innocente et assumée intensité peut parfois être remise en question par le public, ça semble être aussi le cas pour le groupe. C’est en riant que David nous a expliqué : « À chaque album, j’essaie d’écrire une une chanson hop-la-vie. Je sais que ça pogne, mais bon, on se tanne et c’est toujours la seule… » Et c’est ainsi que nous avons eu droit à « Mrs.Sunshine » pour Castles et « The Adventure » pour l’album présentement en préparation. À travers les beats super joyeux (quel clash avec le reste du spectacle!) et les « Ta-da-da!! » qui se mis à être partagés par le public, j’ai eu l’impression que le groupe était encore en quête de sa propre identité. Et il n’y a vraiment rien de mal à ça : déjà excellent, Will Driving West ne risque absolument rien à explorer.

Pour les prochaines dates de spectacles, c’est ici.

 

Harvest Breed

harvest_breed_jpg300dpi3Après une petite entracte, ce sont les membres d’Harvest Breed qui se sont présentés sur la scène. Présentant une énergie plus brute, Charles-Antoine Gosselin, Philippe Custeau, Maxime Rouleau, Marco Gosselin, Sylvain Lussier, Gabriel Lemieux-Maillé ont enchainé les chansons de leur premier album Everything Changes (2012). Les pièces folk aux accents des années 70 ont été interprétées brillamment. Chapeau d’ailleurs à Charles-Antoine pour la voix : toujours en maîtrise, il nous a même un offert un petit moment a capella qui nous a montré sa puissance vocale.

Si Harvest Breed n’a pas réussi à connecter avec les spectateurs comme Will Driving West, c’est à un beau trip de gang que nous avons assisté. Présentant une super belle complicité, les gars adorent être sur scène et ça se voit. En tout et pour tout, le groupe a présenté une prestation remplie d’énergie et de passion. À voir en show si vous en avez la chance!

Toutes les dates sont ici.

– Mélissa Pelletier

Le Festival Zone Homa se termine ce soir. Pour plus d’infos, c’est ici.