Présenté dans le cadre des Rendez-vous du cinéma québécois et de la Nuit blanche, Elvis Gratton Show est venu rendre hommage au film culte de Pierre Falardeau. Cette comédie satirique emblématique des années 1980 au Québec a marqué l’imaginaire et la culture québécoise tant pour la vulgarité du personnage principal que pour la satire sociale qu’il construit. Encore aujourd’hui, le propos de cette comédie semble encore très pertinent.

Inspiré évidemment du Rocky Horror Picture Show, le spectacle était composé d’une projection des meilleurs extraits du film, de cinq figurants déguisés en Elvis Gratton qui miment les répliques. Les spectateurs recevaient, en entrant sur le site de l’évènement, un sac contenant une banane, un caleçon, un masque d’Elvis Gratton et du savon à bulles. Cet apport interactif créait une belle convivialité sans rompre la projection. Lors du générique, le cercueil d’Elvis Gratton passe au travers la foule, accompagné de quelques personnages. À la toute fin, c’est Julien Poulin, l’interprète d’Elvis Gratton, qui est venu saluer les spectateurs. Ce rassemblement autour du film-culte de Falardeau a rapidement pris des allures de grande fête.

Le choix des extraits ainsi que la mise en scène rendaient très bien hommage au film et à son univers particulier. Compte tenu de la singularité d’un tel évènement, ce dernier aurait gagné à se dérouler dans un espace à l’abri des intempéries. Contrairement aux spectacles de musique présentés dans le cadre de la Nuit blanche, le Elvis Gratton Picture Show est une œuvre en partie visuelle. En ce sens, une salle, un endroit couvert, du moins, aurait nettement été préférable, car cela aurait permis de réellement rendre justice au spectacle qui méritait bien plus qu’une seule représentation. Néanmoins, cette initiative est une réussite, elle aura donné un second souffle (beaucoup plus pertinent que la télésérie) à ce film marquant de Pierre Falardeau.

– Sylvie-Anne Boutin

Elvis Gratton Picture Show présenté dans le cadre des Rendez-vous du cinéma québécois, 1er mars 2014, 23 h, rue Émery. Direction artistique et mise en scène : Louis Tremblay.