Jocelyne Alloucherie, Dédale, 2013

Après avoir proposé son programme estival d’expositions avec Yam Lau et Virginie Laganière et un cycle de performances, puis accueilli en ses lieux Le Mois de la photo, la Fonderie Darling présente ses deux nouvelles expositions : Dédale de Jocelyne Alloucherie, sous le commissariat de Sylvain Campeau, dans la grande salle et Projections de Yann Pocreau, dans la petite galerie. 

 

Dédale de Jocelyne Alloucherie

Il m’apparait que la lumière a besoin de l’obstacle de la chose volumineuse pour créer l’image et que cette ombre essentielle est tout aussi nécessaire pour la sculpture dont on ne saurait révéler les formes sans cette caresse lumineuse qui la façonne. Ainsi, est-ce sur le terrain signifiant de l’ombre que sculpture et photographie viennent à se rencontrer.

Dédale représente un pas de plus dans cette direction. D’autant plus que Jocelyne Alloucherie s’essaie à un médium nouveau pour elle : la vidéo. C’est à la ruelle qu’elle consacre toute son attention. Elle continue là le travail commencé avec les découpes d’arbres, puis de constructions urbaines déjà exploitées auparavant (Les Occidents, 2005). Les ruelles, venelles, callejones forment l’épine dorsale des constructions architecturales de nos villes. Elles sont les arrière-fonds, arrière-cours, fondements de notre organisation urbanistique. C’est par leur entremise que certains services, essentiels à la vie, peuvent être donnés aux citoyens. À ce niveau, elles sont cependant plus ou moins tombées en désuétude. On n’y passe plus pour le ramassage des ordures et les fils électriques n’y pendent plus guère. Mais elles sont restées comme un vestige d’organisation architecturale et urbanistique. » –Sylvain Campeau. commissaire 

Jocelyne Alloucherie vit et travaille à Montréal. À travers des configurations complexes, son œuvre explore de manière conceptuelle et poétique des notions relatives à l’image, à l’objet et au lieu. Elle a réalisé de nombreuses installations qui associent des éléments relevant de considérations sculpturales, architecturales et photographiques. Ces œuvres permanentes, conçues pour des lieux publics, démontrent les mêmes préoccupations.

 

Son œuvre a été exposée dans plusieurs institutions majeures au Canada ainsi que dans divers pays européens  (en France, en Italie et en Espagne en particulier) ainsi qu’au Japon, et son travail a été l’objet de nombreuses expositions personnelles. La carrière de Jocelyne Alloucherie a été reconnue par plusieurs prix, notamment le prix Martin Lynch Stanton du Conseil des arts du Canada, en 1989, la Deutscher Akademischer Austauschdienst (DAAD) en 1997, le prix Louis Hébert de la Société Saint Jean-Baptiste de Montréal en 1999, le prix du Gouverneur général en arts et arts médiatiques du Conseil des Arts du Canada en 2000, le prix Paul-Émile Borduas en 2002 et le prix Jean-Paul Riopelle en 2007, du Conseil des Arts et des Lettres du Québec. Elle a reçu l’Ordre du Canada en 2008.

http://jocelynealloucherie.com 

 

Projections de Yann Pocreau

image (1)Pour la première fois de sa carrière, ce ne sont pas ses propres photos que Yann Pocreau présente dans le cadre de Projections à la Fonderie Darling, ayant plutôt choisi de puiser à même l’iconographie de son album personnel une collection d’anciennes cartes postales d’églises gothiques françaises, pour réaliser les trois œuvres de cette exposition. Les reproductions vieillies des années 1930 des églises Saint-Laurent, Saint-Étienne-du-Mont et de la Trinité, de la cathédrale Sainte-Croix et de la Sainte Chapelle sont manipulées, mises en scène, percées, grattées, pour permettre l’apparition de cette lumière divine tant recherchée par l’architecture religieuse et ici créée artificiellement. Ces images sont déclinées à l’aide de différents médiums – installation, bas-relief et film – que l’artiste expérimente dans « une recherche de mise en lumière de l’objet photographique », selon ses propres mots. Dans Projections, architecture religieuse et photographie s’entrecroisent pour révéler à la lumière un même usage, soit la sublimation et la mise en scène, l’illusion et la dramatisation.
 
Yann Pocreau est né à Québec en 1980. Il vit et travaille à Montréal. Par la photographie, il s’intéresse aux fortes présences du lieu et du sujet, à leur intime cohabitation. Dans ses recherches récentes, il s’intéresse à la lumière comme sujet vivant et à l’effet de celle-ci sur la trame narrative des images. Il a participé à plusieurs expositions canadiennes et européennes, notamment Québec Gold, présentée à Reims, en France; Exercices d’empathie, à l’Espace Bortier de Bruxelles; Expansion, à la Galerie de l’UQAM; Out of Grace, à la Galerie Leonard & Bina Ellen; au Mois de la Photo à Montréal en 2011, et récemment à l’exposition L’image rôde au Fresnoy, France (Louise Déry, commissaire). Son travail a été commenté dans divers magazines et ses œuvres sont présentes dans les collections de la Banque Nationale du Canada, d’Hydro-Québec, de la Ville de Montréal, du MBA de Montréal, du Musée d’art de Joliette, dans la collection Prêt d’œuvres d’art du MNBAQ et dans plusieurs collections privées. En avril et mai 2013, il était artiste en résidence à Brooklyn, aux États-Unis.

 

http://www.yannpocreau.com/