Grand Blanc (crédit photo : Andrea Montano)

Cette semaine, on fait dans la quincaillerie lourde et dans la douceur timide. Prenez le pied qui vous sied!

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Artiste : Grand Blanc
Album : Mémoires Vives
Étiquette : Entreprise

Ça s’ouvre Surprise Party, avançant vers nos corps à coups de salves synthétisées pesant comme tonne air de Metz d’où origine ce quatuor, puis d’un refrain crieur qu’on accompagne à tue-tête, chantée par Camille, synthétiseuse en chef. Benoît, chanteur de l’autre moitié des titres, ex-étudiant de littérature et parolier attitré, a choisi d’offrir les chansons de Grand blanc dans « une langue qu’on habite ». Les deux anciens étudiants en ingénierie du son, Vincent, à la basse, et Luc, aux arrangements et au pad (la batterie devenant superflue), viennent compléter le groupe.

Ceux qui depuis leur premier EP leur prêtent des relents de cold wave à la Joy Division auront des munitions supplémentaires avec Montparnasse, cette marche funèbre grandiose fermant l’album et qui rappelle trop la mancunienne Atmosphere. Mais attention, Grand blanc opère avec classe : l’épure sur la ligne lyrique plus les déjà emblématiques doubles sens langagiers (et voilà petits pas que repasse en klaxonnant l’autre comparaison intempestive, celle d’avec Alain Bashung, pour les verbalises).

Entre ces deux titres de Grand blanc, une douzaine de compos émanant des technologies sonores on ne peut plus de pointe, qui nous tourbillonne dans un vertige noir vinyle, nous dit la nuit et, ouïe, suscite cette envie danse. (Jean Lavernec)

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Artiste : MCC
Album : Charmant fiel
Étiquette : Indépendant

Depuis une dizaine d’années, au Québec, les propositions folk-pop se suivent… mais se ressemblent-elles toutes? C’est la grande question existentielle que je me suis posée en écoutant le EP Charmant Fiel de Marie-Claudel Chénard, alias MCC. De sa voix toute douce et bien contrôlée, l’auteure-compositrice-interprète explore en cinq chansons le mal-être, le sentiment de déracinement, ainsi que les hauts et les bas amoureux. Des textes bien écrits sans toutefois être révolutionnaires (mais bon, on n’en demande pas tant!), qui rejoignent les thèmes abordés par les autres Rosie Valland, Safia Nolin et Sœurs Boulay de ce monde.

La Campivallensienne (oui, oui, elle habite à Valleyfield) opte pour une musique très – voire trop? – minimaliste, laissant peu de place aux harmonies, au piano et aux percussions. Un choix qui présente l’avantage de mettre de l’avant sa jolie voix et sa maîtrise de la guitare, mais l’inconvénient de donner un résultat plus ou moins original, vu l’abondance des autres projets folk de ce genre. Si Chénard a un potentiel indéniable, elle gagnerait sans doute à développer davantage son style personnel… Et c’est peut-être déjà ce qu’elle a commencé à faire si l’on se fie à la dernière pièce du EP, « Le penchant », plus riche et colorée que les autres morceaux. (Edith Paré-Roy)

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Artiste : Radio Radio
Album : Light The Sky
Étiquette : Bonsound

Sa mère le somme de réviser ses mâles attentes et ses beaux-parents l’ont dans le cœur grâce au climat-pull. Son plancher de passe-pied est un vaisseau à bord duquel bourlingue l’ego et son volume est équipé d’un indicateur de vitesse. Il caresse le rêve de la pétrolette et de la jupette, se laisse accaparer par du vent, bouscule à cloche-pied, fait fi de la mélodie, embrase le ciel le temps d’un soubresaut, déverse et dilue ses aspirations dans un évier double, ferait n’importe quoi pour n’importe qui, s’adonne au ménage à trois en solo et bla bla bla.

Si je récapitule et traduis lousse en mots francos malhabiles, c’est que le plus récent record de Radio Radio, formule duo, s’écoute en anglais.

Avec le départ de d’Alexandre « Arthur Comeau » Bilodeau, l’occasion était belle pour Gabriel L.B. Malenfant et Jacques Alphonse Doucet de faire peau neuve – et à peu de chose près la même chose – dans une langue de conquête sur support dance numérique. Avec Shash’U, DJ Champion et J.u.D. dans le team beat et Alex McMahon dans le cockpit-console, Radio Radio livre avec Light The Sky ce que Radio Radio fait : du divertissement raffiné pour gens qui veulent dodeliner ferme de la tête sans chercher des poux. Grosso modo, danse. Juste danse. (Nicolas Roy)