Photo : Whitney

Une semaine « ethnique » : deux projets canadiens – l’un secret, l’autre discret – et un duo d’extraterrestres de retour sur notre planète après une virée vers d’autres galaxies. Prêts pour l’exotisme? Alors dansons sur l’architecture.

Whitney

Artiste : Whitney
Album : Light Upon The Lake
Étiquette : Secretly Canadian

On pourrait se laisser prendre au piège et croire qu’ils existent depuis toujours. Du bon rock indie au parfum vintage, tout ce qu’il y a de plus classique. Et pourtant Light Upon the Lake est le premier album de Whitney, formé de Max Kakacek, guitariste de la défunte formation Smith Westerns et de Julien Ehrlich, batteur de Unknown Mortal Orchestra.

Ils ont choisi de tirer sur le rideau qui les protégeait du monde extérieur en lançant au visage de tous la pièce No Woman, la première de l’album. Une bonne décision, qui donne le ton. Le message ne peut prêter à équivoque : voici qui nous sommes. Sensibles et intenses. Poulain de l’étiquette Secretly Canadian, le groupe a toutefois uniquement de « canadien » ce qui touche à la discrétion, puisqu’à ce jour sa seule présence confirmée au pays est à Vancouver au mois d’août.

Un album à glisser dans sa playlist BBQ d’été en attendant qu’ils viennent nous visiter. (Marie-Eve Brassard)

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Artiste : Andy Shauf
Album : The Party
Étiquette : Arts & Crafts

On a failli le manquer, celui-là (album disponible depuis le 20 mai), discret qu’il est, originaire de la Saskatchewan avec tout le décalage (horaire, comportemental ou autre) que cela suppose. Ce gars qui arrive tôt à la fête (Early To The Party), traînant dans la cuisine mais qui, au lieu de venir y gâcher la sauce, nous épate par la recette de son humilité; Shauf est tout sauf « show-off ».

Ayant endossé, pour son album précédent sorti l’année dernière, le titre éponyme de Bearer of Bad News, comme d’autres ont porté celui de « Thin White Duke » ou de « Boss », Andy Shauf vêt ici le sobriquet, en guise d’introduction au long jeu, de Magician, celui « au geste tremblant et sans aucun plan ». Au fil des pistes dudit Party, on y découvre un narrateur à la franchise désarmante (Quite Like You, The Worst in You) entouré d’une orchestration modeste de cordes, piano et cuivres, avec douh-louh-louh-TOUH inclus (The Magician, Twist Your Ankle), voisine avec des envolées lyriques émanant d’une guitare abandonnée à une vente de garage.

À son passage, on chuchote « Smith, Elliott », mais lui n’en fait pas une marotte, c’est libre d’étiquette qu’il se balade dans ses ballades. Venez prendre une marche avec lui sur ses dix plages des prairies; il vous fera redécouvrir ces recoins de quartier, ces tronçons de chanson que vous croyiez banals, usés à la corde de guitare sèche, et une voix étonnamment fraîche dans une gorge languissante. (Jean Lavernec)

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Artiste : The Kills
Album : Ash & Ice
Étiquette : Domino Recordings

The Kills est de retour! Cinq ans après Blood Pressures, disons qu’on n’attendait plus cet album du duo originel Alison Mosshart et Jamie Hince. Et ils sont là, plus complices que jamais, sur Ash & Ice qui se veut un hymne à l’amour, aux excès et à la dépendance. Un album parfois triste et mélancolique, mais entier. Et qui nous fait sentir vivants.

Vous trouvez le son de la guitare légèrement différent? C’est possible puisqu’après avoir perdu l’usage du majeur et subi de nombreuses chirurgies, Hince a dû faire un an de réadaptation avant de pouvoir rejouer de son instrument fétiche, la guitare. Pendant ce temps, Alison est allée voir ailleurs et prête toujours sa voix à la formation The Dead Weather, aux côtés de Jack White. Ce qui ne les a pas empêchés de se retrouver, pour notre plus grand plaisir et le leur, si on se fie à ce qu’on entend. (Marie-Eve Brassard)