Aidan Knight

Ne parlons pas de sujets qui sèment la division : politique, météo, Apple. Allons-y plutôt avec la multiplication. La période de pénitence post-Fêtes de fin damnée étant levée, les musiciens et étiquettes sortent leurs nouveaux projets dans cette froideur généralisée, et les offres se multiplient, donc. On y est allé avec la famille, les virées nocturnes et la tournée pancanadienne. À vous de trouver la tuque qui siéra à vos oreilles.

AidanKnight_AllClear_Web_zpsocfwcmxi

Artiste : Aidan Knight
Album : All Clear
Étiquette : Outside Music

Aidan Knight avant 2012, c’était un secret qu’on livrait peu, qu’on divulguait qu’à ceux qui ont du goût et savent départager le vrai du faux et l’authentique de l’affecté. Un artiste qu’on désirait garder pour soi, un deuxième album (Small Reveal) qu’on avait déposé dans le caisson d’extincteur de flammes ardentes, derrière la vitre à ne briser qu’en cas de trop stérile solitude. Un album qui devait et doit toujours faire grand bien sur le gros mal.

En ce janvier 2016, le vulnérable Britanno-Colombien et ses acolytes (Olivier Clements, David Barry, Colin Nealis et Julia Knight) nous offrent l’aboutissement de leurs pérégrinations d’une province à l’autre (Ontario, Colombie-Britannique et Québec), d’un studio à l’autre, sous la gouverne de trois techniciens éclairés (Marcus Paquin, John Anderson et Mathieu Parisian). Un album qui oscille comme son prédécesseur entre friabilité et assurance, impulsé par une voix qu’on dirait effarouché, mais qui gagne en tonus lorsqu’encadrée par des musiciens habiles et capables de sortir le morceau du carcan radio. Un disque qu’on ne pourra malheureusement garder pour soi. Avec All Clear, la glace du caisson est à jamais brisée. (Nicolas Roy)

•••

BROWN COVER FINAL

Artiste : Brown
Album : Brown
Étiquette : 7ième Ciel Records

Brown ce n’est pas un nouveau groupe ni de nouveaux artistes. Brown c’est un partage. Deux fils qui ont décidé de mettre en valeur la voix de leur paternel, Robin Kerr (Uprising). Un père qui a voulu mettre en valeur le talent de sa progéniture. L’idée est apparue, ils l’ont attrapée, l’ont travaillée, l’ont enregistrée et l’ont fait paraître sous le nom de Brown. Un nom qui représente simplement ce qu’ils sont. Des frères – Gregory (alias Snail Kid du collectif Dead Obies) et David Beaudin (alias Jam – K6A et Alaclair Ensemble) —  nés d’une mère québécoise blanche et d’un père jamaïcain noir. Un nom qui représente le métissage culturel, le retour aux racines, la famille. Premier album homonyme, qui paraît sous l’étiquette 7ième Ciel Records. Douze morceaux qui feront sûrement jaser. Parce que oui, brun, c’est un peu « la couleur de l’amour ». (Marie-Eve Brassard)

•••

1559x1559xTindersticks.jpg.pagespeed.ic.Q076TY2Xev

Artiste : Tindersticks
Album : The Waiting Room Étiquette : City Slang Records

Un nouvel opus des Tindersticks – leur Xe en un quart de siècle, tout de même – me rappelle à quel point leur popularité demeure relativement confidentielle.

Quoique par ici, on dispose d’une oreille au tympan plus attentif depuis que la regrettée Lhasa de Sela a gratifié de sa voix aérienne à l’accent grave une couple de tandems partagés avec le chanteur, parolier et compositeur Stuart Staples, tantôt en solo, tantôt avec le groupe. Avec Hey Lucinda ici, elle nous revient des limbes aux côtés de Mr. Staples le temps d’un troisième duo lumineux de gracieuse légèreté. Le reste ne nous leste pas non pluie sur notre fin; nous
avons droit aux emblématiques aveux éthyliques aux paupières lourdes accompagnés d’une musique [em]poignante :
Second Chance Man, How He Entered, We Are Dreamers (le second duo du long jeu, cette fois avec Jehnny Beth du groupe Savages, dont on salue la sortie toute fraîche de leur deuxième album, Adore Life, au passage…) ou la chanson-titre prêchent par l’exemple. Le tout aéré tout au long de l’errance dans ces émotions sincères par des chansons au rythme plus enlevé (Were We Once Lovers, Help Yourself) et quelques instrumentaux au mélodica et au piano électrique teintés de tintements de fer-blanc (This Fear Of Emptiness, Planting Holes, leur reprise de Follow Me).

Fidèle à leur œuvre, ce nouvel album procure lui aussi son écoute idéale à l’heure bleue, après une nuit urbaine nourrie par la musique forte, l’alcool fort, le tabac fort – des plaisirs simples, quoi. (Jean Lavernec)