Misc (photo : gracieuseté de l’étiquette)

Aujourd’hui, le choix des chefs : un trio divers qui ne l’est pas dans les faits, un doyen poète de tous les jours qui soupire sa rivière et quelque chose qui sent le trip et sonne le hop! Bon printemps, gang!

 

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Artiste : Misc
Albums : Misc
Étiquette : Bonsound

Jasons jazz. On en parle peu en nos pages, car en ce genre nos humbles connaissances sont au mieux élémentaires, au pire tout juste aptes à produire du bredouillis de novice. Ici, je m’assume et cite un journaliste culturel macho dont le nom et l’origine m’échappent : « Le jazz, c’est comme les femmes : j’y comprends rien ! ».

On parle ici de Misc, jadis Trio Jerôme Beaulieu, maintenant petit ensemble nouveau genre qui délaisse la dénomination du virtuose anonymement entouré (bonjour William Côté et Philippe Leduc!) et propose, notamment par quelques reprises de pièces pop, une musique improvisée… initiatrice (?). À l’instar de ses contemporains Gogo Penguin, The Bad Plus, voire BadBadNotGood, Misc emprunte au rock sa vigueur et sa digestibilité grand public, sans pour autant se désengager du dialogue musical propre au jazz ou se complaire dans les grandes montées lyriques du post-rock, prog rock ou autre fusion de genres. Un peu comme de la merguez fourrée au cayenne liquide, enrobée de pâte feuilletée et saupoudrée de sucre semoule. Ça fait battre et perler la tempe voisine de l’oreille, mais soulage une appétence innée pour les goûts subtils. Notez que j’écris comme je jazz : sans trop vraiment me comprendre.

Tout ce si peu étant dit, prenez bonne note que Misc lance CE SOIR (!!!!) son album à la Sala Rossa. Pour le détail, on clique vite ici. (Nicolas Roy)

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Artiste : Fred Fortin
Albums : Ultramarr
Étiquette : Grosse Boîte

Sept ans déjà depuis Plastrer la lune. Sept années que même le principal intéressé n’a pas vu passer, occupé qu’il était par Galaxie et Gros Mené. Un retour qui n’en est pas un donc, avec Ultramarr, son 5e album, qui trouve sa source au Lac-Saint-Jean, à St-Félicien plus précisément. Dans un chalet au bord d’une rivière.

Toujours ce mélange de folk rock inspiré, nourri par une passion récente pour le Beach Boy, Brian Wilson. Enregistré avec des collaborateurs fidèles comme Olivier Langevin, leader de Galaxie, mais aussi avec de nouveaux compagnons comme Andrew et Brad des Barr Brothers. Et lancé à Montréal, le 16 mars dernier, sur la scène du Théâtre Fairmount. En avoir ultramarr de tout parfois, mais jamais de l’entendre chanter le monde avec sa manière si singulière de le regarder. Une poésie unique qui n’a d’égal que les histoires qu’elle raconte. (Marie-Eve Brassard)

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Artiste : HÆLOS
Albums : Full Circle
Étiquette : Matador Records

Tiens donc, The xx, quoique toujours vautré dans la torpeur, voit finalement une auréole de lumière au bout de son tunnel ténébreux? À moins que Dear Criminals ne récidive en langueur en arrosant de cadences sa suave gracilité? Et si c’était Daughter? Et si c’était Hundred Waters? Et si c’était l’aboutissement musical inévitable de tout ce qu’ados renfrognés, artistes en devenir, digéraient au tournant du siècle dernier au sortir de l’hyperfête, à cheval sur une sensualité de jugement dernier. Un premier bisou volé sur Dummy, ça fait drôle. Perdre sa virginité sur Kid A, ça forge un caractère.

Il y a du Radiohead sous le capot, bien sûr, comme chez chacun, davantage dans l’âme que dans le corps ce coup-ci, mais surtout une pléthore de trios trip hop des années 1990 qui ne juraient à l’époque que par juxtaposition de l’ambiant et du breakbeat. Une recette loin d’être infaillible de nos jours, mais dont HÆLOS semble connaître les bons ingrédients et le dosage. Si on laisse glisser le clin d’œil fardé à Massive Attack, la pièce qui suit illustre bien le savoir-faire et la teneur d’un ensemble à écouter, puis voir. (Nicolas Roy)

En spectacle ce 2 avril (O PATRO VYS) et à Osheaga ce été. Détail ici et ici.