Erik West Millette (crédit photo : Christina Alonso)

Entrée en gare, décollage et dent sucrée. Un train en apesanteur qui goûte la réglisse. Un pot-pourri pour endormir les enfants ou trois albums qui valent le détour cette semaine.

Pochette - WestTrainz Songs

Artiste : West Trainz
Album : Train Songs
Étiquette : L-A be

Après nous avoir mené sur les rails de trajets aux quatre coins du globe avec son livre-disque double Trainz, Erik West Millette et son comparse multiinstrumentiste Olaf Gundel reviennent en gare avec Train Songs, recueil de onze chansons évoquant le passé de l’Amérique du Nord, tant celui des des prisonniers afroaméricains du Sud (Prettiest Train) que celui du défunt parcours qui unifiait Montréal et Mont-Laurier (Le train du Nord), mais aussi des amoureux au cœur brisé (Number 9 Train) et des vagabonds des chemins de fer de la Grande Dépression (Hobo’s Lullaby), sans oublier les classiques ferroviaires Hear My Train A Comin’, The Locomotion, Mystery Train et City Of New Orleans.

Ce convoi compte à bord plein d’invités chanteurs et musiciens prestigieux dont Willie West, Betty Bonifassi, Nanette Workman, Steve Hill, Chic Gamine, Zachary Richard, Bïa, Yves Desrosiers, Emilie-Claire Barlow et Thomas Hellman. Une virée rythmée pour voyages dans le temps.

Pour amateurs de destinations inédites, ne manquez pas le convoi West Trainz, tous les jours sur la place du Festival de Jazz de Montréal, du 29 juin au 9 juillet prochain (détails ici). De plus, le samedi 9 juillet, tous ces troubadours ont la tâche de fermer la voie sur la scène principale TD dudit Festival dès 21h (détails ici), de même que le 15 juillet sur la Place d’Youville pendant le Festival d’été de Québec (détails ici). (Jean Lavernec)

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Artiste : Ben Lukas Boysen
Album : Spells
Étiquette : Erased Tapes

Aux premières notes de piano programmé de The Veil, on croit entendre Silver Mount. Zion. Puis Nocturne 3 pourrait être catégorisée « bande sonore de film ». Ensuite, Sleepers Beat Theme, qui rappelle Ludivico Einaudi. Mais on ne parvient jamais à identifier clairement; pas de plagiat ici, mais une somme de culture musicale impressionnante qui sert de terreau fertile à l’imagination. Boysen déstabilise en douceur tout ce que le mélomane pense [re]connaître.

Mixé par le musicien-compositeur-producteur Nils Frahm, Spells offre, après son précédent, Gravity, le même alliage non forcé de classicisme et d’électronique où le violoncelle d’Anton Peisakhov et la harpe de Lara Somogyi accompagnent la programmation de Boysen et la batterie métronomique d’Achim Färber dans ce parcours tantôt aux frontières de la musique ambiante enveloppante, tantôt regorgeant de pulsations émotionnelles pleines de lyrisme. Pour les petits matins qui suivent les grosses soirées comme pour les soirées introspectives avec soi-même. (Jean Lavernec)

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Artiste : Alice Jemima
Album : Liquorice
Étiquette : Sunday Best Recordings

Visage en forme de cœur, pommettes saillantes, yeux clairs, aura vaporeuse, tout chez Alice Jemima dégage la douceur. Pas étonnant que dès la première écoute de Liquorice, un EP de quatre morceaux paru vendredi dernier sous l’étiquette Sunday Best Recordings, on soit envahi par une sorte de paix qui donne l’impression de sourire mieux. Ou plus facilement.

Quatre morceaux, ça semble bien peu, mais soyez assurés que ceux-ci suffisent à nous ouvrir la porte du monde dans lequel semble flotter Jemima, un monde dansant et lumineux, situé juste à la frontière de l’électro, qu’elle partagera avec vous dans un album complet d’ici la fin de l’année. (Marie-Eve Brassard)