Simon Kingsbury (crédit photo : gracieuseté de l’artiste)

Maudit qui fait laitte dehors! En attendant le climat tant chéri de l’an dernier (#ironie), divertissez-vous les oreilles avec ces quelques suggestions. Un gars qui se désole joliment de son chalut léger, trois nostalgiques du rack à bicycles et une rangée de cils pour six mirettes. Tout ça pour vous, mes amis! Ça te commence une semaine du bon pied!

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Artiste : Simon Kingsbury
Album : Pêcher rien
Étiquette : Ad Litteram

Oubliez sa pochette annonçant un moment déjouissant. Comme le reggae classique, où le texte décrivant émotions et situations plutôt déprimantes est relevé par une musique qui nous donne envie de nous relever de bons pieds joints, le rock poptempo de Simon Kingsbury possède la fraîcheur de la première gorgée de bière, même si, textuellement chantant, il se plaint de son verre vide, se moque de sa tristesse et planifie ses échecs – ça ne s’appelle pas Pêcher rien pour rien. Musicalement, épaulé de sa guitare, de celles, basse et haute, de Jonathan Charette, de la batterie de Charles Blondeau – ces deux-là contribuant à la majorité des musiques en plus d’avoir été de l’aventure du six titres éponyme de notre homme à barbe paru fin 2011 –, de la basse d’Olivier Van Tassel et du charango, de la guitare noise ainsi que de la boîte à rythmes de George Donoso III, on passe des New Pornographers à Spoon et même aux Walkmen (période Lisbonaise), sans que le poids des références assumées, conscientes ou non ne viennent gêner par leurs odeurs. Un premier long jeu du Montréalais [qui autrefois baignait dans l’eau requestre de Lac Estion] qui rend jovial comme un poisson dans… (Jean Lavernec)

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Artiste : Pandaléon
Album : Atone
Étiquette : Audiogram

Pour enregistrer Atone, leur premier album complet, les trois franco-ontariens de Pandaléon sont sortis de la grange où ils enregistrent habituellement pour aller s’installer dans l’école primaire abandonnée de leur village d’origine, Saint-Bernardin. En bons maniaques d’ingénierie du son, ils ont frappé sur les tuyaux, claqué les portes de casiers et testé l’acoustique des pièces (salle de bain des filles et repaire du concierge inclus) afin d’expérimenter toutes les possibilités que leur offrait leur nouveau terrain de jeux.

À l’écoute, on se rend vite compte que ce travail de moine en valait le coup! Les arrangements et le mixage sont audacieux, mais toujours réussis et l’univers sonore se marie parfaitement au rock atmosphérique, tantôt planant, tantôt percutant, de la formation. Ainsi, alors que les réverbérations et les échos du vieux bâtiment désaffecté amplifient les sentiments d’isolement et de nostalgie des paroles, la distorsion et les mélodies dissonantes des synthétiseurs et guitares électriques s’offrent parfois en contraste, comme des souvenirs qui seraient plus douloureux ou pénibles que d’autres, mais qui demeurent tout de même nécessaires. (Guillaume Francoeur)

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Artiste : Paupières
Album : Jeunes instants
Étiquette : Lisbon Lux Records

Les soirées sont encore longues et la musique toujours essentielle pour faire danser nos corps jusqu’à l’oubli de ce manque de soleil que représente février. Février et sa déprime hivernale, qui cette année passera tout droit si vous vous donnez la peine de découvrir Paupière. Oui, on peut se demander d’où vient le nom. Paupière, pour la sonorité, paupière pour se protéger, paupière pour fermer les yeux et se laisser danser. Ils sont trois à l’origine du projet. Julia, Eliane et Pierre-Luc Bégin (le batteur de We Are Wolves). Ils avaient envie de faire leur propre projet, de chanter leur message, de partager leurs émotions. Et c’est réussi. Un mélange trop rare de français et de synthé, un premier EP de quatre titres qui colorera vos nuits en attendant l’été. La France leur a déjà ouvert les bras. Il ne reste qu’à l’imiter. (Marie-Eve Brassard)