J’y suis arrivé! Ça m’a pris une semaine. J’ai tout vu, tout soupesé et rends maintenant mon verdict. Une liste des meilleurs vidéos de l’année, unissant le plus savamment image et musique, mariant pour le meilleur et non le pire un ou une artiste talentueux et à un réalisateur ou une réalisatrice visionnaire. Je m’éternise pas, ça donne ça…

10 – Fancy Ghetto –  Alexandre Désilets (réalisation de Pierre-alexandre Girard)

Pauvre Alexandre! C’est le moral dans les talons. Ni veine, ni bonne impression pour celui qui se suppose sosie du bedeau d’Hugo (quasi-Quasimodo, fallait y penser). Il est amoureux d’une belle de terrasse sur la Main, qui répond à ses œillades asynchrones par un coup de coude dans la flamme. Quand une quinzaine de nymphes pâmées sont incapables de vous raidir l’humeur, on appelle ça de la grosse peine… qui groove!

9 – Pushin’ On – Oliver $ & Jimi Jules (réalisation d’Ian Robertson)

La recette est simple. À une base de route poussièreuse, ajoutez une clôture de fortune, une boîte à malle, un vieux pneu, un marcel rose et quatre générations de danseurs qui se creusent une tombe par enchaînement de mouvements de pieds. Quand la toune est bonne, pas besoin de se ruiner pour la faire voyager.

8 – Sleep Sound – Jamie XX (réalisation de Cherise Payne & Sofia Mattioli)

Pour ceux et celles privés d’un sens ou l’autre, la vie n’est pas de la tarte aux pommes. Les plus résilients d’entre eux et elles donnent néanmoins et parfois à la plupart d’entre nous, gras dur d’être dotés d’organes opérants, une émouvante leçon de volonté. Comme l’aveugle qui peint un arc-en-ciel, le muet qui écrit une chanson, le bouché du nez qui concocte un parfum ou le sourd qui danse sur un morceau imprimé dans les mouvements d’une autre. Vachement touchant!

7 – Hunger Of The Pine – alt-j (réalisation de Nabil)

En v’là un qui s’est mis dans une merde pas possible. Il a chatouillé la fille d’un grand seigneur? Il a piqué les billes de l’archer en chef? Bref, s’abat en conséquence sur son dos tourné une giboulée de flèches sifflantes. Et bel épais, il tente sa chance en terrain découvert, d’une foulée cross country en pâturage, projectile en travers de la gorge. Heureusement, un jerrican de peroxyde l’attend à mi-parcours pour lui soulager les plaies. À moins que ce ne soit… Oh mortecouille du feu de Dieu!!!

6 – Gold – Chet Faker (réalisation d’Hiro Murai)

Parce que c’est bien roulé, à plus d’un titre. Et parce que Hiro Murai est un génie du vidéoclip. Je vous reviens là-dessus demain.

Nicolas Roy