Un top 10 en cette dernière semaine d’août? Oui. Parce que plein de raisons. Un, c’est le calme plat avant la tempête de la rentrée, le moment propice pour ressasser les premiers deux tiers d’une année qui file, et l’occasion de replonger dans les vagues musicales qui ont bercé le navire et les déferlantes sonores qui l’ont presque fait chavirer. Dur labeur. Manches retroussées et tuba d’apnée en bouche, je me mouille.

10. L’Entraînante : Don’t Tell de Just Friends

Parce qu’une bonne liste de « l’as-tu-écouté » commence toujours par de l’insoupçonné et de l’inentendu. Sur une étiquette qui s’appelait Clown & Sunset, maintenant Other People, offert dans le cadre du Record Store Day du 19 avril dernier en format 10 pouces seulement, le deuxième morceau en date de la paire platonique formée par Nicolas Jaar et Sasha Spielberg (fille de son père). J’aimerais vous donner de plus amples détails, mais j’en ai pas.

9. L’Atmosphérique : Cavity de Hundred Waters

Parce que la chose fait l’unanimité dans le rayon musique des Méconnus. Et parce que la diaphanéité sépulcrale et la lypémanie arachnéenne, c’est hot ! À revoir sur scène par ailleurs en première partie d’Interpol le 24 novembre.

8. La Placoteuse : Avant Gardner de Courtney Bartnett

Parce qu’on aime tous se faire raconter des histoires. D’amour et de pêche, bien entendu, mais aussi de celles qui traitent de choc anaphylactique, d’hypocondrie aiguë et d’insomnie causée par surdose de pseudoéphédrine. Imaginez (pour faire court) une jeune musicienne britannique qui, par un lundi matin de canicule, s’offre une crise d’angoisse dans le potager entre deux rangs de mauvaises herbes. Pas un problème d’inspiration dans son cas.

7. L’Entêtante : Coffee de Sylvan Esso

Parce que c’est une chanson qui se coince et qui colle. Un air lancinant intrusif qui se cramponne aux parois du canal auditif comme de la tire d’érable au palais pendant les Sucres. « Get up get down / Get up get down / Feel the turn of rotation and stop / See the next one waiting ». Je ne m’arrête pas à la signification. Je me lève et je me rassois. Le disque tourne. D’un rayon à l’autre. Et j’attends le prochain passage en dansant.

6. La Colérique : VOYOU de Fauve

Parce que moi aussi le trio en mi-bémol majeur pour piano et cordes no 2 de Schubert, il me met hors de moi. Et contre moi. J’entends les violons et je me désole. Je suis pas une belle personne, pas quelqu’un de bien, un crevard, un mal foutu, une crasse, un pantin et une « bouteille de gaz dans une cheminée ». Mais je me console. Parce que pareillement au VOYOU fataliste et pénitent de Fauve, je suis pas une maison témoin…

– Nicolas Roy