Courtoisie de Tomanori Nishikawa

Le Centre Ségal accueille ce mois-ci l’artiste japonais Tomonari Nishikawa dans le cadre de sa série Lightstruck. Déjà reconnu comme un artiste émergent important du cinéma expérimental contemporain, c’est premièrement en tant que cinéaste, et ensuite en tant que commissaire que Nishikawa officialise sa première apparition publique à Montréal. Présentées le 17 mai prochain sous le titre Frame of Mind, les œuvres de Nishikawa s’inscrivent dans une tradition de films «faits maison» que l’artiste crée entièrement lui-même. Intéressé par l’appareil et le processus de prise d’image, il accorde une importance aux formes et aux rythmes qui naissent des perceptions individuelles de l’œuvre. Le co-fondateur du festival KLEX, qui cherche à faire rayonner les films expérimentaux «D.I.Y.», présente également le 19 mai Un événement passé et une saison à venir, neufs œuvres filmées sur une pellicule 8 mm, dont plusieurs en format Single-8. Ce format récemment retiré du marché continu d’avoir de nombreux adeptes, surtout au Japon où la pellicule 8 mm a été à la source même de techniques et d’une esthétique propres au cinéma expérimental japonais.

Les films 8 mm ont enrichi le cinéma japonais et ce à partir des années 50. Alors que plusieurs grands cinéastes étudiaient à l’époque à l’Université Nihon, une vague de films expérimentaux sur pellicule 8 mm a découlé du Nichidai Eiken (Nihon University Film Study Club). Les étudiants de l’époque ont participé à l’exploration et au développement des techniques de ces caméras portatives, et ont permis l’essor du cinéma d’avant-garde. Les films «amateurs» continuent d’être perçus comme un héritage pour les cinéastes d’aujourd’hui, puisqu’il y a également une philosophie attachée à la production artisanale. Sur le site du festival KLEX, on peut d’ailleurs retrouver des citations de cinéastes et d’artistes vantant le caractère de ce type de cinéma plus intime et plus abstrait, qui permet l’étonnement tant chez le créateur de l’œuvre que chez le spectateur. La plupart des théâtres ne disposant plus des installations nécessaires pour présenter ces films, ce sont souvent les cinéastes eux-mêmes qui organisent des représentations pour continuer à faire vivre cet art minuscule.

Avec Frames of Mind et Un événement passé et une saison à venir, Nishikawa renoue avec une tradition cinématographique axée sur la technique et l’image. Il donne aussi surtout l’occasion à des films expérimentaux japonais d’aujourd’hui (2003 à 2011) d’être vus et entendus par les montréalais.

– Véronique Duret

Frames of Mind : les films de Tomonari Nishikawa: jeudi 17 mai à 19h30 

Un événement passé et une saison à venir : film 8 mm contemporains du japon: samedi 19 mai à 21h00

CinemaSpace du Centre Segal des arts de la scène

5170, ch. de la Côte-Ste-Catherine