Photo : Katherine Raymond

Vendredi soir était de passage à l’Olympia le groupe canadien Timber Timbre dans le cadre de la tournée succédant à la sortie de son dernier album Sincerely, Future Pollution. J’avais vu le groupe sur scène en 2014 lors de sa présentation de l’album Hot Dreams pour Pop Montréal et en étais ressortie, comme à chaque écoute de ses œuvres précédentes, envoûtée et avec une envie indicible de voir s’étendre sur la ville les tentacules d’une méduse géante; ma relation à ce groupe est organique, onirique. C’est donc avec beaucoup de hâte que j’anticipais cette nouvelle performance.

Si en 2014, l’univers gothique des poupées macabres de Tasseomancy avait magistralement préparé le terrain à la performance du groupe, le choix cette année du groupe folk montréalais Sin and Swoon créait certainement une ambiance différente. Malgré les accords de guitare riches et la voix cristalline de la chanteuse, le public se faisait épars et atone.

Timber Timbre, comme une machine bien huilée, a commencé sa performance pile à l’heure. On se sentait bien loin de l’ambiance motel road trip gone wrong de son précédent opus. Il va sans dire que le groupe a livré une performance d’une qualité technique époustouflante et également généreuse : un total de dix-sept chansons, dont sept du nouvel album. Similairement aux critiques formulées à l’endroit de cet album, on note que le groupe a ici fait le choix d’un style musical plus proche de la pop-électro.

Comme le disait le chanteur Taylor Kirk en entrevue pour la bio du groupe sur Arts & Crafts, les membres ont voulu explorer les genres musicaux en dehors de leurs goûts personnels et inclure à leur processus de création une sonorité pop, en raison de son influence majeure au sein de la culture musicale. On peut aimer ou pas, n’en reste que ce nouvel album mérite une écoute attentive. Toutefois, dans l’exploration de ce nouveau son, le groupe – et cela s’est reflété dans sa performance – perd peut-être un peu de son unicité et de son pouvoir d’envoûtement. La réinterprétation édulcorée de « Black Water » s’est avérée profondément pénible et le sentiment à la fin de la prestation était malheureusement plus proche de la mélancolie que de la transe.

Katherine Raymond

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Timber Timbre était à L’Olympia de Montréal le vendredi 2 juin dernier.

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