J’ai eu la chance dernièrement d’assister à la dernière édition de Théâtre Tout Court, qui en est à sa neuvième édition. Cette initiative bisannuelle, qui se déroule maintenant à la petite Licorne, est en quelque sorte l’équivalent d’un Kino ou des nouvelles littéraires : un moyen pour les jeunes créateurs de faire leur premières armes dans le domaine théâtral. Présentant en moyenne entre 8 et 10 courtes pièces de 5 à 20 minutes, l’événement met en lumière des œuvres qui sont l’occasion d’une première écriture dramaturgique pour certain, pour des acteurs fraîchement sortis des écoles de faire leur entrée dans le circuit professionnel ou de réaliser une première mise en scène.

Bien sûr, le format d’une pièce de théâtre courte peut être difficile ; il y a peu de temps pour construire la psychologie d’un personnage ou établir la situation et on n’a pas la mobilité de lieux ou d’explications qu’un court-métrage ou une nouvelle littéraire offrent. Il va sans dire qu’il faut aller à ce genre de soirée avec l’esprit ouvert, en gardant conscience que c’est un atelier de création, car, que ce soit au niveau du jeu ou de l’écriture, certaines de ces pièces tombent à plat. Cependant, l’exercice est intéressant: il nous fait découvrir plusieurs nouveaux talents et nous faits même espérer que plus de théâtres considérent la diffusion de courtes pièces dans leur programmation professionnelle.

Dans l’édition qui se déroulait du 24 au 26 mai, nous avons eu droit à neuf pièces, dont plusieurs montraient, sans surprise, une prise de position politique sur la société ou sur le conflit étudiant. Dans les réussites de la soirée, j’aimerais particulièrement mentionner le bijou dramaturgique absurde L’Orage – texte et mise en scène de Simon Lacroix – , dans lequel ce dernier joue avec Sonia Cordeau et Raphaëlle Lalande.

Vivement la prochaine saison théâtrale pour voir ce que la relève nous réserve!

– Marie-Paul Ayotte (Emmpii)