Par une chaude soirée d’été (le 29 juillet), The XX ont attiré plus de 2000 personnes au Métropolis. Leur musique électro-rock, planante et sensuelle, est venue réchauffer la salle trop climatisée et le cœur des fans. Ces derniers commençaient à se languir du band britannique, après deux ans d’absence en sol montréalais et aucun nouvel album depuis 2009.

Heureusement, le trio a donné à ses adeptes quelque chose à se mettre sous la dent avant la sortie de Coexist, prévue le 12 septembre prochain. Angels, une chanson tirée de cet album, a été mise en ligne par le groupe il y a quelques semaines. À entendre la foule chanter en chœur durant cette pièce qui a ouvert le spectacle, cette offrande (ou bonne stratégie marketing, c’est selon!) n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd. L’accueil des autres morceaux s’est fait chaleureux également, en particulier pour ceux figurant dans leur album éponyme. Toutefois, fait plutôt rare pour des pièces « à casser », elles ont aussi reçu sifflements, yeah! virils et cris suraigus. Enthousiasme des fans ou qualité des nouvelles chansons? « Les deux » serait sans doute la meilleure hypothèse.

Sex, love and indie rock

Malgré les arrangements électro, la musique de The XX ne fait pas danser. On pouvait certes voir quelques bras en l’air dans les premières rangées, mais la plupart des spectateurs se laissaient bercer doucement par les rythmiques minimalistes. Si les journalistes critiquent le trop grand calme des prestations live, la plupart des adeptes du groupe semblent bien ravis qu’elles reproduisent l’ambiance du disque. Ainsi, on avait presque l’impression de se trouver dans son salon (ou sa chambre à coucher!) en train d’écouter le band les lumières tamisées… à quelques différences près quand même – les spectateurs, les applaudissements, en plus des expérimentations et sons plus rock, venus pimper quelques pièces.

The XX est reconnu pour faire de la musique langoureuse, teintée de romantisme. Pour certains – n’ayons pas peur des mots! –, il s’agit de la parfaite « musique de baise ». Les voix de Romy Madley Croft (chanteuse-guitariste) et d’Oliver Sim (chanteur-bassiste), sexy et basses, ne sont pas étrangères à cette réputation. Elles enveloppent le public, l’hypnotisant presque par moments. Les synthés de Jamie Smith complètent bien le tout. Enfin, l’amour (ses hauts et ses bas) et le sexe constituent les thèmes principaux des chansons.

Fidèle à son habitude, la formation a alterné douceur et intensité pour faire lever la soirée. Une mention spéciale pour ses classiques : Islands, chaudement applaudi; VCR, rendu à la perfection; sans oublier Crystalised, un vrai bijou! Mon coup de cœur va tout de même à Infinity. Loin d’être ma pièce préférée sur l’album, elle l’a été ce soir-là : le band l’a interprétée de façon plus rythmée. On a eu droit à une belle montée à la fin quand la chanteuse a répété comme un mantra les dernières paroles du morceau, tout en étant accompagnée par la foule. J’en ai encore des frissons (de joie)! Puis, la nouvelle chanson intitulée Reunion, punchée et aérienne, risque de devenir un hit – sur la scène indie, s’entend.

Toute bonne chose a une fin

L’affection que voue le public montréalais à The XX semble réciproque. « Montréal est une des villes où l’on préfère jouer », a affirmé (en anglais) Oliver Sim. Il a d’ailleurs demandé la permission à la foule de la prendre en photo avec son iPhone. Si c’est pas mignon! Le groupe a ensuite joué trois dernières pièces en rappel, dont la populaire Stars.

Tombée sous le charme de la prestation ainsi que des nouvelles chansons, j’ai trouvé la fin abrupte, et le public pas assez acharné à demander un autre rappel. Après environ une heure (si on oublie la première partie de Jacques Greene), bang!, debout, on se lève sagement sans crier comme des déchaînés ni applaudir à s’en fouler une main; par ici la sortie! On peut certes se dire que c’était short and sweet, mais ça n’atténue pas le choc de passer si vite d’un univers onirique à la moins romantique rue Sainte-Catherine. Il était bien trop tôt (22 h 30), et il faut maintenant patienter jusqu’à la mi-septembre pour leur prochain album. D’ici là, il ne reste plus qu’à boire de la bière et/ou faire l’amour en écoutant Angels en boucle!

– Edith Paré-Roy