Ronnie a l’air d’un type sympa, qui apprécie les petites choses de la vie et qui est doté d’un flair impressionnant qu’on a tôt fait d’attribuer à l’attention particulière qu’il accorde à tout ce qui l’entoure.

Ronnie a l’air d’un type sympa, mais seulement si vous l’avez rencontré après son «accident», parce qu’en fait, pour tous ceux qui le connaissait auparavant, c’est un gros salopard. Bon d’accord pas pour tous : il y a son chauffeur et partenaire qui trouve que c’est un chic type, mais, entre nous, il n’est pas de tout repos lui non plus.

The Resurrection of a Bastard, c’est l’histoire d’un point tournant, livré avec une sensibilité hors-norme. Les mouvements de caméras s’accordent avec l’état d’esprit des sujets filmés; l’exemple le plus frappant étant sans doute dans le contraste entre les mouvements saccadés (impression à laquelle contribue grandement le montage) qui surprend Ronnie dans sa vie de caïd, en comparaison avec les mouvements ondulants et contemplatifs qui l’accompagnent dans son renouveau.

Les contrastes sont d’ailleurs d’ailleurs omniprésents dans The Resurrection of a Bastard. Dans le multiculturalisme, l’avant et l’après et les personnalités qui s’entrechoquent pour former une courtepointe. Exactement, une courtepointe de moments, de réflexions, qui bien que parfois poussées à l’extrême, ont le mérite d’être ressenties, et d’images à forte impression qui, une fois  assemblés dresse un portrait enveloppant, comme la vie finalement.

Il s’agit d’un premier long-métrage pour le Néerlandais Guido Van Driel et vu sa qualité, j’espère qu’une longue série s’ajoutera à celui-ci!

 

Vickie Lemelin-Goulet