The Man Who Killed Hitler And The Bigfoot. Avec un titre pareil, on serait en droit de penser que le film de Robert Krzykowski est une comédie saugrenue et peut-être un peu psychotronique, mais c’est une véritable surprise que nous réserve le réalisateur. Certes, en ses qualités de divertissement comique, le film peut évoquer des œuvres comme le Bubba Ho-Tep (2002) de Coscarelli en ce qu’il offre d’imaginaire champ gauche, mais il s’agit en réalité d’un film contemplatif qui se déploie tout en délicatesse pour réfléchir sur le passage du temps.

Sam Elliott est Calvin Barr, un homme qui, bien que l’histoire est masqué son acte de bravoure, a assassiné Hitler pendant la Deuxième Guerre mondiale. Quarante ans plus tard, son gouvernement fait de nouveau appel à lui pour une mission des plus particulières.

Les deux assassinats du titre sont menés à l’écran de très belle façon, mais c’est ce qui sépare les deux événements qui émeut. Et ce, grâce surtout à Sam Elliott qui porte à l’écran la tristesse d’une vie de regrets. Sa proposition d’acteur n’est jamais mise de côté au profit des scènes d’action, ce qui ajoute une dimension poétique rarement vu dans le genre. Ceux qui boudent les films d’action trouveront ici une qualité de film d’auteur, où les silences opèrent un charme impressionniste.

Ainsi, nous avons d’un côté les scènes d’aventure qui sont pleines de tensions et de suspense, entrecoupées de séquences introspectives où le protagoniste peine à trouver la place qui lui revient, et qu’il est prêt à accepter. Car c’est surtout de cela dont il est question dans ce scénario. Comment accepter la vieillesse, la solitude, le deuil? Où trouver son utilité lorsque la vie ne s’est pas déroulée comme prévue? Comment oublier les regrets? Comment accepter notre peu d’incidence dans le monde? Comment s’occuper de ceux qu’on aime malgré la douleur qui nous ronge? Hitler et le Bigfoot deviennent des symboles anecdotiques davantage que des apogées diégétiques, pour nous faire le portrait d’un homme usé par la vie.

Magnifiquement emballé par Alex Vendler à la cinématographie (Melvin Goes to Dinner, The Woman) et Joe Kraemer à la musique, l’histoire souffre tout de même de quelques longueurs. Et puis, certains lui reprocheront peut-être son manque d’envergure. Mais il reste que The Man Who Killed Hitler And Then The Bigfoot fait l’effet d’un film sans prétention, venant du cœur. On ne peut qu’être touché.

Rose Normandin

The Man Who Killed Hitler And The Bigfoot, présenté dans le cadre du Festival Fantasia.

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