The Bright Road. La voie lumineuse du succès? De l’illumination provoquée par leur musique? Afin de clarifier ce point, entre autres, je suis allée prendre un verre avec deux membres de la formation The Bright Road, à laquelle j’ai été initiée, pour ne pas dire conquise, il y a peu de temps. À l’écoute de cet album où la qualité du son n’a d’égal que le sentiment qui s’en dégage, je suis ahurie de ne pas y avoir été exposée plus tôt, d’autant plus que ça fait bientôt un an que leur premier album, Norway, a été lancé.

C’est qu’une voie, même éclairée, peut s’avérer sinueuse. The Bright Road, c’est d’abord Philippe Garceau, un grand romantique à la tête remplie de musique. Sa voix chaude et sa définition de l’harmonie lui ont assuré, dès ses débuts, le support d’un producteur. De sa carrière solo, lui sont cependant bien vite venues des idées de compositions plus complexes qui nécessitaient une collaboration. C’est ainsi que le groupe The Bright Road est né au rythme des partitions de Norway. La tournée de lancement à peine commencée, c’est le début de l’effondrement du band : des obligations scolaires, personnelles ; ne reste que Philippe.

Devant un album où il s’était autant investi et dévoilé, l’abandon n’était pas une option. Philippe a donc joué de ses relations et, parmi les multiples musiciens l’ayant accompagné pour des contrats d’un soir, s’est trouvé des complices qui ont, à leur tour, usé de leurs contacts jusqu’à avoir fait entièrement peau neuve.

Norway c’est l’amour impossible et idéalisé ; c’est le voyage favorisant la rencontre avec l’autre, comme la découverte de soi-même ; c’est aussi le mysticisme de la nature, comme l’onirisme de la psyché humaine. Un univers parfois difficile à intégrer, si l’on n’est pas au centre de sa réflexion. Heureusement, la dynamique de The Bright Road permet aux nouveaux musiciens d’aborder les compositions, déjà bien définies et figées sur un album, en y ajoutant leur touche personnelle. À ce propos, Philippe avoue d’ailleurs être on ne peut plus comblé. Maîtrisant quatre langues, le leader admet humblement ne pas avoir la même versatilité au niveau instrumental. Aussi, c’est par le biais des images qu’il explique les sonorités recherchées à ses musiciens. D’une vision partagée se concrétise donc une ambiance sonore qui convient à tous : l’un dans le résultat, les autres dans la liberté d’exécution qui s’y associe.

Alors que Norway est teinté de plusieurs inspirations personnelles et musicales dont les plus marquées sont Mew et Death Cab for Cutie, auxquels l’aspect transe émotionnelle et l’introspection ne sont pas étrangers, on est en droit de se demander vers où le groupe se dirige maintenant qu’il est entièrement revampé. «Pour l’instant, on va continuer à installer une synergie entre les membres et les compositions.» La méthode déjà en vigueur dans le processus de création laisse donc envisager que les références se multiplieront pour la suite.

D’ici-là, The Bright Road continue de rouler sa bosse un peu partout au Canada et sera de retour à Montréal en mars. La date n’est pas encore confirmée, mais je vous tiens au courant, car vous ne voulez pas les rater la prochaine fois.

Si vous préférez rester vous-mêmes à l’affût :

http://www.facebook.com/thebrightroad

et/ou pour vous délecter de l’album :

http://thebrightroad.bandcamp.com/

– Vickie Lemelin-Goulet