Avertissement : Aucun livre ou article ne peut valider ou invalider un diagnostic posé par un professionnel de la santé.

L’auteur J.-Claude St-Onge a publié TDAH? Pour en finir avec le dopage des enfants afin d’éclairer tout intervenant sur la controverse liée à l’exploitation pharmaceutique auprès des enfants atteints du trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité.

Il est vrai que ce trouble existe bel et bien et que plusieurs enfants et adultes en souffrent. Mais n’est-il pas surprenant de constater une hausse effarante des diagnostics depuis quelques années? Cette hausse est-elle due à de meilleures interventions ou au contraire, à un abus d’évaluations?

Entrer dans le moule

« Le Centre du TDAH de l’hôpital de Rivière-des-Prairies à Montréal retire 60% de ces diagnostics aux enfants qui leur sont envoyés par des médecins soupçonnant l’existence d’un TDAH ou ayant posé un tel diagnostic. Le ministre québécois de la Santé estime que les psychostimulants sont surprescrits. »

Soyons clairs ici : certaines personnes ont réellement besoin de médicaments afin de contrôler leur comportement et peuvent ainsi profiter d’une vie saine, sécuritaire et enrichissante. Il n’est pas dit que ces enfants n’ont aucun problème ou aucun besoin d’aide;  mais pour avoir un « traitement » efficace, il faut connaître la cause exacte du problème.

« Le docteur Allen Frances (…) dénonce la propension à voir des maladies partout : il cite une étude prospective prédisant que 81% des jeunes auront essuyé un diagnostic de « maladie mentale » à l’âge de 21 ans. Bref, la normalité est pratiquement chose du passé. Les différences et les comportements qui s’écartent plus ou moins de la norme sont de plus en plus mal tolérés et font l’objet d’une haute surveillance. »

Qu’est-ce que la normalité?

Je me souviens encore d’un de mes professeurs en technique de l’Éducation spécialisée qui nous avait dit en classe : «  Si vous vous reconnaissez à l’intérieur des descriptions de certaines pathologies ou maladies mentales… c’est normal. Nous avons tous et toutes en nous des traits troubles. S’il s’agit d’une majorité de traits, alors là, il faut demander un avis professionnel. »

Les interprétations subjectives sont parfois trompeuses. L’évaluation en clinique de plusieurs milliers de personnes a démontré qu’un haut pourcentage de patients médicamentés pour un trouble dépressif ou de bipolarité ne répondaient pas aux critères exigés pour poser un diagnostic.

« Un diagnostic de TDAH est entièrement fondé sur l’observation d’évaluateurs différents : psychologues, médecins, parents, enseignants […] Leurs observations dépendent de leurs valeurs, de leur tempérament, de leur degré de tolérance, voire de leurs préjugés […] Et si la source du problème se trouvait plutôt dans les dysfonctionnements sociaux, économiques, scolaires? »

À l’heure d’une société où la performance et la rapidité de compréhension sont exigées, où les emplois sont précaires et le coût de la vie est élevé, la détresse psychologique des enfants et des adultes s’accentue.

« L’intégration des enfants à l’école est en outre handicapée par les coupes budgétaires, les classes surchargées, les professeurs au bord de l’épuisement, les enseignants sous l’œil d’administrateurs qui ne tolèrent pas que les classes soient perturbées et qui sont prompts à les blâmer quand ils n’arrivent pas à contrôler leur groupe ».

Alors on calme le tout par une pilule, un arrêt de travail, un retrait de classe…

Solutions de rechange aux médicaments

L’auteur J.-Claude St-Onge affirme qu’avant d’exposer les gens à des solutions médicamenteuses, il serait bon d’envisager d’autres pistes de solution telles qu’augmenter les périodes de sports, de diversifier les activités afin de maintenir l’intérêt de la personne, de réserver des  périodes de calme et de relaxation, d’avoir une bonne alimentation et une hygiène de vie équilibrée.

Le livre TDAH? Pour en finir avec le dopage des enfants regorge de statistiques, de comparaisons entre différentes études internationales et d’avis d’experts. L’auteur pousse la réflexion en émettant des faits. Cependant, si vous désirez un livre qui vous en apprend sur les traits caractéristiques, les symptômes ou vous donne des exemples de cas de personnes atteintes du TDAH, celui-ci n’est pas recommandé. Somme toute très intéressant à lire afin d’avoir une opinion éclairée et réfléchie sur l’importance que nous donnons aujourd’hui à cette maladie et sur les méthodes que nous utilisons ou devrions utiliser pour la soigner.

Élizabeth Bigras-Ouimet

TDAH? Pour en finir avec le dopage des enfants, J.-Claude St-Onge, Éditions Écosociété, 2015.