Il est poussif le crayon en ce début d’année ! Il cherche à tâtons l’inspiration du bout de la gomme, effleurant le clavier au passage, prêt à promouvoir le premier spectacle de l’année qui pourra l’émouvoir. Mi-janvier, le plomb recommence à lui démanger l’écorce. Il griffonne un nom, une date et un lieu. Ce n’est sans doute pas le premier événement notable, mais pour celui qui tient le pousse-mine, le premier concert sur lequel discourir. Bref, le proprio du prismacolor vous parle ici et maintenant de Lia Ices. En cinq points pour faire plus court et pour faciliter votre lecture.

1. Lia Ices n’est pas son vrai nom. Elle s’appelle Lia Kessel. Le faux patronyme Ices renvoie à la pièce homophone Isis de Bob Dylan, laquelle relate le récit d’un cavalier sur poney qui plaque sa poule pour enterrer l’étranger sous une pyramide de glace. Jamais trop compris Dylan par ailleurs.

2. Mi-ukrainienne, mi-colombienne, grandie au Connecticut, vivant dans le nord de la Californie, Lia a de plus dans la mémoire des muscles une sérieuse formation académique en interprétation dramatique et danse contemporaine. Bel atout pour toute planche. Tout ce que j’ai à dire sur le sujet.

3. Lia Ices a stratégiquement ou fortuitement emprunté les deux chemins les plus fréquentés pour apparaître subitement sur le radar du fan ou média musique. UN, vendre une pièce à une émission de télé bien cotée, en l’occurrence le titre Love is Won en trame sonore de générique de quelque épisode de la série Girls de HBO. DEUX, faire un duo avec une grosse pointure de l’indie. Dans ce cas-ci, sur le morceau Daphne, en collabo avec Justin Vernon, alias M. Bon Iver. Son deuxième LP, Grown Unknown, lui a valu, pour ceci, mais pour bien davantage, une belle moyenne générale.

4. Pour son troisième album (Ices), à la suite d’une retraite spirituelle et musicale en compagnie de son frère Elliot, Lia opère une recalibration stylistique et passe de l’introvertie à l’extravertie. Feist fait place à Santigold. Les douces mélopées cèdent le pas aux rythmiques et arrangements au parfum perse et aux saveurs caraïbéennes. C’est aussi l’attrait du logiciel bienveillant et l’emprise du son midi sur de nouvelles émotions, nous dit-on.

5. Voici en terminant le dernier arrivage : la pièce Higher, remixée par Samuel Proffitt. Avec la vidéo de la version originale aux fins de la comparaison. Bonne écoute et bon spectacle.

Lia Ices + Seoul
Dimanche 18 janvier, 20h
@ Divan Orange (4234, Boul. St-Laurent)
Une présentation de Blue Skies Turn Black
12$