Il y a de ces petites merveilles qu’on ne rencontre que dans les festivals. Pour le moment, Soft Gun en fait partie.

Écrit, réalisé, produit et interprété par Alexandra Bégin, Guillaume Collin et Jesse Kray, trois étudiants de Concordia, Soft Gun, c’est le genre de film qui donne envie à tout le monde d’être dans le milieu du cinéma, parce que ça a donc l’air malade de partir comme ça et de faire un film. Oh, c’est sûr, ça représente beaucoup de travail, mais la fierté de l’accomplissement d’une production indépendante où amis et connaissances ont mis la main à la pâte – bienvenue aux versatiles – vaut amplement l’effort demandé. Autant dans son processus de création que dans la l’œuvre elle-même, Soft Gun  répond au besoin de mouvement, d’évasion et, ce,  de sa forme road movie, à l’esprit «just go with the flow» qui en émane.

Mais qu’est-ce que j’ai à m’exprimer en anglais comme ça aujourd’hui? Ah oui!  Soft Gun est en anglais.  Et pour ceux que ça rebute, les premières minutes du film suffiront à vous faire sentir un peu ridicule d’avoir jugé avec tant de hâte.

Un ras-le-bol de Montréal,  le besoin de changer d’air, de se retrouver. Alex embarque dans sa bagnole rejoindre Jesse, son cousin qui a quitté Montréal depuis des années, pour s’établir avec sa famille en Géorgie. Comme ça faisait un bail qu’ils ne s’étaient pas vus, leur complicité d’autrefois – du moins ce qu’on s’en imagine – est plutôt rouillée et les airs blasés de Jesse ne font rien pour aider à la situation. Fringante et hédoniste, Alex ne se laisse pas rebuter et se fera un point d’honneur de dégourdir son vieux comparse et lui réapprendre à goûter aux plaisirs simples de la vie.

Une escapade tranquille dans les états du Sud peut devenir toute une aventure auprès d’Alex! La spontanéité est ici la clé du plaisir et fait partie intégrante de l’œuvre, qu’on pense aux actions des personnages ou aux interactions qu’ils ont avec des civils qui, s’ils sont conscients d’être filmés, ne jouent pas de rôle. Cette dynamique, que l’on retrouve aussi dans le fait que le road trip en est véritablement un vient parfois donner des airs de docu-fiction au film, d’autant plus qu’il s’ancre dans la durée et qu’il représente à merveille une génération de rêveurs qui luttent pour ne pas devenir désabusés.

Soft Gun, avec son naturel désarmant, vous donne envie de partir au loin pour mieux revenir, pour mieux vous rendre compte que tout est dans l’attitude, parce que la joie de vivre est un combat de chaque instant.

Parlant de combat, espérons que celui de faire diffuser ce film en salle sera un succès. En attendant, pour rester informés :

http://softgunmovie.com/

-Vickie Lemelin-Goulet