Photo : James Vincent McMorrow

C’était la semaine dernière. Le dévoilement de la programmation intérieure de la 36e édition du Festival international de Jazz de Montréal, encore et toujours saturé des meilleurs talents de maintenant et des plus grands noms d’antan. La liste étant longue et notre temps filant, voici quelques pistes à suivre, étroites on en convient, mais débouchant sur un réseau foisonnant de sentiers à emprunter néanmoins.

posttropical

Artiste : James Vincent McMorrow
Album : Cavalier
Étiquette : Dine Alone Records
Spectacle : Jeudi 2 juillet, Métropolis  (20 h 30)

C’est doux. Très doux. Et poignant. Le genre qui fait respirer une salle comble d’un même souffle. Découvert sur une version acoustique live de Cavalier, il me semblait impossible de ne pas tomber amoureuse de l’univers de James Vincent McMorrow. Un folk mélancolique et efficace porté par une voix puissante et généreuse (et des chœurs magnifiques), voilà ce que l’on trouve dans les deux albums de cet artiste irlandais. Je reviens incessamment au deuxième, Post tropical, car il m’a tenue compagnie durant de longues nuits blanches. Je me perds dans les mélodies de Red Dust ou l’acoustique de Glacier qui nous tirent des émotions venues de très loin. Il y a une touche chimérique dans ses pièces qui ne nous laisse certainement pas le choix de juste ressentir. Sa présence le 2 juillet prochain au Festival de Jazz de Montréal est un plaisir anticipé. (RCH)

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BOL

Artiste : Bears of Legend
Album : Ghostwritten Chronicles
Étiquette : Indépendant
Spectacle : Vendredi 3 juillet, Cinquième salle – PdA  (21h)

Ils viennent de la Mauricie, mais dans chaque ville où ils passent, on les croirait chez eux tellement leur présence est naturelle. C’est grâce à un premier album, Good Morning Motherland, que Bears Of Legend s’impose dans le paysage folk/rock québécois. Trois ans plus tard, le septuor remet ça avec Ghostwritten Chronicles, un album concept où chacune des 13 chansons raconte l’histoire d’un membre de l’équipage d’un navire ancien. Je l’avoue, je ne les ai pas vus en concert. Pas encore. Mais, comme vous, je pourrai me reprendre le 3 juillet à Place des Arts, dans le cadre du FIJM. Parce que parfois, c’est tellement agréable de voyager… en restant chez soi. (MEB)

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3342

Artiste : Mélanie De Biasio
Album : No Deal
Étiquette : PIAS America
Spectacle : Lundi 29 juin, Club Soda (18 h)

Comme l’habit français qui ne fait pas le moine et le livre anglais qu’on ne peut juger à sa couverture, la belle pochette d’album ne garantit pas le microsillon inspiré. Soit, mais quand même. Pour le No Deal de De Biasio, illustration et sons bossent de concert pour faire valoir une seule et simple hypothèse, à savoir que c’est la gracilité du platysma qui met sous tension l’orbiculaire et provoque la matérialisation de l’entité diaphane et virginale – quoique langoureuse – en non-pesanteur entre deux panneaux de mousse acoustique. Bref et dans un autre ordre d’idées, tout indiqué pour une game de tag barbecue à deux ou une dégustation de rouge à la paille traversière. Date du show ci-haut. (NR)

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gogo

Artiste : Gogo Penguin
Album : v2.0
Étiquette : Gondwana Records
Spectacle : Lundi 29 juin, L’Astral (21h)

Attention subjugation! Essayez pour la peine, au premier contact, de vous remuer autre chose que l’âme à l’écoute attentive de l’exaltante Murmuration et de la cambrée Garden Dog Barbecue. Un jazz nerveux et fiévreux, nourri en règle générale aux mélodies frénétiques du pianiste Chris Illingworth, au soutien conséquemment gaillard du contrebassiste Nick Blacka et aux breakbeats musclés du batteur Rob Turner. Nommé au dernier gala Mercury Prize, Gogo Penguin est un bel exemple d’ensemble hybride, et fédérateur, qui s’attire autant les éloges de la critique jazz que la faveur des DJ britanniques. Un gros et beau lundi soir de musique en perspective. (NR)

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MBD

Artiste : My Brightest Diamond
Album : This Is My Hand
Étiquette : Paper Bag Records Inc.
Spectacle : Samedi 27 juin, Club Soda (22h)

C’est en septembre dernier que Shara Worden, alias My Brightest Diamond, nous a fait cadeau d’une bombe. Rien de moins. This Is My Hand est un disque où l’équilibre n’a d’égal que sa solidité. Un disque qui explose dès les premières notes grâce à la pièce Pressure. Et qui nous ensorcelle ensuite discrètement, morceau après morceau. Ok, ce quatrième album ne date pas d’hier, ni même d’avant-hier, mais comme on vient d’annoncer sa présence au FIJM, et la parution d’un nouveau EP avant le début de l’été, nous avions l’impression qu’il était important de vous rappeler son existence. Non, vous ne voulez pas manquer cette chanteuse à l’éclat brut vous interpréter, en français svp, Ceci est ma main. Ceci est mon conseil. (MEB)

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EMMA FRANK pochette

Artiste : Emma Frank
Album : The People We’re Becoming
Étiquette : Les Sessions 270
Spectacle : Samedi 27 juin, L’Astral (18 h)

Si l’air que l’on respire avait une voix, elle pourrait ressembler à celle d’Emma. Légère, douce, qui se laisse porter par le vent. Le premier album, For Being Apart, en avait séduit plusieurs. Le second, The People We’re Becoming, qui parait aujourd’hui, terminera le travail juste à temps pour son spectacle au FIJM, le 27 juin prochain. Sur scène, Emma et son quatuor vous bercent avec des mélodies où se mélangent jazz et folk, chaleur et émotion. Âmes sensibles, ne pas du tout s’abstenir. (MEB)

Marie-Eve Brassard, Rose Carine H. et Nicolas Roy