C’est toute une découverte qu’on nous promettait hier au Verre Bouteille. Un mélomane de 17 ans qui lance son premier EP réalisé par Antoine Gratton sous l’étiquette Sphère Musique, disons que ce n’est pas très commun et que ça attire l’attention.

En bon mentor, Antoine Gratton a précédé Simon sur scène. Très relax, il a abordé gentiment le public : « Bon, on joue quoi aujourd’hui? La proprio du Verre Bouteille m’a conseillé de faire mes tounes les plus douces. Mais bon, il va y en avoir des douces et des pas douces… » Déjà, les spectateurs ont semblé conquis par le sens de l’humour communicatif de Gratton. Bon joueur, le chanteur et pianiste a répondu du tac au tac aux blagues et demandes du public. Avec des pièces plus douces (justement) comme « Dans les yeux de Françoise » ou « En noir et blanc », ou plus dynamiques comme « Let go Let go » et « Es-tu là? », Gratton a donné une performance aux mélodies un brin échevelées et aux folies vocales un peu trop présentes, mais oh combien charmantes.

Simon Kearney a suivi peu après avec ses acolytes Christophe Hamel (basse) et Gabriel Lapointe (batterie). Un mot pour décrire le chanteur et guitariste? Cute. Encore jeune et un peu loin de ses souliers, il déborde de talent. Guitariste hors pair, il a alterné entre guitare électrique et guitare acoustique tout au long de la représentation. Passant d’un rock garage qui rappelle un peu le son de Fred Fortin avec  des pièces comme « Big Woman » et « Agathe L’Agace », à des chansons acoustiques plus senties comme « Chemins en gravelle » (chapeau à Geneviève Toupin pour les back vocals) et « Entre nous deux », qui font penser à un jeune Vincent Vallières ou à Simon Kingsbury, Kearney maîtrise. Mais si son appel semble vraiment d’être guitariste, on peut se permettre un doute par rapport à la voix.

Hier au Verre Bouteille, je n’ai pas été déçue. J’ai eu l’impression d’assister à l’éclosion d’un talent brut qui mérite d’être découvert. Simon devra-t-il choisir entre son gros rock sale et son son plus « conventionnel »? Sûrement. Mais on lui souhaite de développer ces deux avenues pour le plaisir de nos oreilles.

– Mélissa Pelletier

Pour suivre la carrière de Simon Kearny, c’est ici.