Side Effects s’annonce possiblement comme l’une des dernières œuvres au grand écran de Steven Soderbergh, qui nous a annoncé une retraite anticipée, et une migration vers la petite lucarne (comme dirait François Pignon) avec son téléfilm sur Liberace, réputé « trop gai » pour le cinéma. Après un film d’été quelque peu décevant pour qui n’est pas une jeune fille nubile, le célèbre réalisateur caméléon nous revient cette fois avec un thriller qu’on pourrait qualifier de pharmaceutique. On pourrait même le rapprocher de son dernier thriller à saveur contemporaine, Contagion, bien que celui-là soit beaucoup plus Hitchcockien dans l’approche.

Un film à saveur très actuelle donc, Side Effects s’intéresse à la maladie mentale, plus précisément la dépression, et le système médical qui l’encadre la plupart du temps à coups de pilules. Emily (Rooney Mara), une jeune mariée avec des antécédents dépressifs, se prépare à revenir à une vie normale alors que son mari, Martin (Channing Tatum)  vient de terminer sa sentence de prison. C’est en se réhabituant à la vie de ménage qu’Emily fait une rechute et entre en contact avec un psychiatre (Jude Law) qui lui prescrit une nouvelle médication aux effets secondaires inattendus.

Ça faisait longtemps que je n’avais pas vu un thriller aussi efficace et prenant que Side Effects qui rappelle Hitchcock, et par certains moments Brian De Palma. C’est une bonne histoire effilée, avec des revirements de situations qu’on ne voit pas venir et qui aiguillonnent à plusieurs reprises l’intrigue dans une direction inattendue. Cela en agacera peut-être certains, mais les retournements sont trop bien amenés pour sonner faux. Soderbergh nous livre un récit à tendance vicieuse, jouant brillamment avec les attentes du spectateur, le tout épaulé d’un très bon casting. On avait pas revu Rooney Mara depuis son incroyable performance de The Girl with the dragon tattoo, et elle ne déçoit pas : elle nous sert un personnage d’une composition minutieuse. Bien qu’elle se démarque, les autres sont de bons ajouts à l’ensemble. À noter également l’agréable et quelque peu sporadique participation de Catherina Zeta-Jones, qu’on n’avait pas revue depuis un certain temps. Il ne faudrait pas oublier la musique de Thomas Newman (compositeur, entres autres de la trame sonore d’American Beauty) qui accentue bien le coté nerveux de l’intrigue et qui contribue à garder le spectateur sur le bord de son siège.

–  Boris Nonveiller

Side Effects sera à l’affiche dès le 8 février