Hey! My life, saints for you
Dans la lumière des étoiles
Les dieux m’ont fait gourou
You know it’s true

(Sedulous)

 

Sorti en France en avril 2012, le quatrième album de Sébastien Tellier fera son apparition officielle au Canada ce 29 janvier. Un an d’attente – pour ceux qui n’osent pas importer ou pirater quoi que ce soit, bien entendu. Donc, si vous ne connaissez pas, voilà une occasion pour le découvrir. Si vous connaissez, ce sera une redécouverte, un rappel… utilisez le mot que vous voulez, mais lisez.

Musicien électro-rock illuminé et polyglotte, Tellier fait partie du club select des artistes français à l’aura radiante (Googlez-le, voyez les photos, tout est là). L’objet d’étude – on dirait que je disserte – s’appelle My God is blue et ce n’est pas sans raison. Il faut dire que Tellier ne parle pas de petits sujets; pas d’amourette ou d’aventure passagère. Ça ne l’intéresse pas. Il parle d’amour, d’accord? De Grand Amour. De Vrai Grand Amour – pas Disney, tout de même, mais un certain type amour, comme ceux que l’on ne connaît plus. Puis, bon, on parle de Dieu aussi (ou Dieu nous parle?) et ça se fait en anglais – puisque c’est un album Français – et en français – pour la même raison, bien évidemment. Pour en faire une histoire courte, il faut préparer ses oreilles au métaphysique, quoi. Plaisanteries à part, que peut-on dire encore sur My God is blue, presqu’un an après sa sortie?

Pour les néophytes, sachez que vous avez sans doute déjà entendu une ou deux pièces de Sébastien Tellier. Soit dans Lost in Translation, dans Somewhere (Sofia Coppola, les deux) ou dans La guerre est déclarée (Valérie Donzelli). Pour le reste, c’est direction Vimeo pour découvrir « Cochon Ville », l’un des singles de cet album.

À la croisée entre l’électro, le rock, les années 80 ou 60 et un certain new-agisme, My God is blue est une expérience polymorphe à laquelle on doit se soumettre pour l’apprécier dans toute sa splendeur. Bercé dans une mythologie fermée, originale et surtout auto-référentielle – c’est à vrai dire un album athée, ne soyez pas repoussés par la première impression déiste de ce que Tellier tente de construire – le disque au complet fonctionne comme un tout solide que l’on se doit d’écouter d’un bout à l’autre. Rejoignant tantôt les idées du dance et tantôt des rythmes lents, espacés, chaque piste repousse les limites de ce que l’on croyait déjà acquis. Tellier est plein de surprises et, si bien sa proposition ne saura plaire à tous, il faut absolument au moins tenter une première écoute.

Produit par Mr. Flash – un type qui a collaboré avec TTC et Mos Def, entre autres – ce dernier opus de Tellier est conceptuel, assumé et réussi. On y danse, on s’y perd et, à la fin, on veut toujours recommencer. Un an après sa sortie, voilà tout ce qu’il y a à dire sur My God is blue. Une résurrection, on dirait.

– Alvaro Savagno