C’est mercredi qu’a eu lieu la première de la mise en lecture de textes de théâtre d’auteurs de la relève, Porte-Voix, à La Licorne. L’initiative est depuis sa création une véritable tribune pour les jeunes créateurs, portée par Thara Charland et Maya Tran. Cette année, ce sont les textes de Mélodie Bujold, Robin Cauche, Emmanuelle Dorion, Cato Fortin, Mélissa Golebiewski et Léa Imbeau qui ont été mis en vedette.

Sur scène, deux musiciennes (Rebecca Leclerc et Lou-Adriane Cassidy) et cinq interprètes-lecteurs (Mustapha Aramis, Sara Déziel, Élodie Grenier, Gabriel Szabo, Tatiana Zinga Botoa). Cette disposition minimaliste a permis d’insister sur le texte lu, principal objet de cet événement.

En entrée, nous avons eu droit à Shit Show de Léa Imbeau, qui met en scène une panoplie de personnages tous nommés Roy Dupuis dans un talk-show à la Tout le monde en parle. Rires, cynisme et désillusion face à la société des loisirs québécoise d’aujourd’hui sont au rendez-vous. Imbeau n’y va pas de main molle pour critiquer l’état du monde du show business.

Avant de briser ton visage, d’Emmanuelle Dorion, suit et vient casser l’ambiance légère de la pièce précédente. Avec un texte littéraire et poétique très fort, Dorion aborde une relation amoureuse compliquée sans tomber dans le cliché. Ambiance feutrée et sévère, mais fine et bien exécutée.

Dernière pièce avant l’entracte, Bleach de Robin Cauche, qui a ramené l’humour sur scène dans une autre pièce sur une relation amoureuse naissante dans un contexte urbain, en abordant la question du stalkage et des soirées dans les petits appartements. Avec un texte typiquement français mis en bouche par des Québécois, un léger clash se fait sentir dans cette pièce naïve.

Suivant l’entracte, la porte-parole Sarah Berthiaume, elle-même « autrice de théâtre », souligne la grande présence des femmes en cette soirée (cinq auteures et un auteur) et en rappelle son importance.

House Party Platonov, de Mélissa Golebiewski, détonne des autres textes par sa formalité et son inspiration directe de Tchekov. On tombe toutefois sur une critique de notre génération (la Génération Y) assez percutante et efficace.

Pénultième texte mis en lecture, Zoé, comme dans les films de Cato Fortin joue la carte d’un théâtre plus axé sur un public adolescent, abordant des enjeux cruciaux de féminité qui peuvent cependant toucher n’importe quel public. Un tantinet naïf comme Bleach, mais léger et drôle par moments.

On clôt la soirée avec le texte de Mélodie Bujold, Pour l’amour de Frannie. Avec des dialogues surréalistes, frôlant le caustique, un peu pince-sans-rire, cette pièce aborde la question de la jalousie, de l’amitié et de la confiance en soi. Ce dernier texte surprend et termine une soirée très agréable à La Licorne.

Une édition fort bien menée, assez diversifiée, qui ne peut que se conclure en un succès et bien de la prospérité, autant pour les organisatrices que les auteurs!

Victor Bégin

Encore un scénario catastrophe, 7e édition du Porte-Voix, à La Licorne les 13, 14 et 15 juin à 20h. Pour toutes les informations, c’est ici.

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