J’ai un nouveau musée préféré.

C’est le Centre d’Histoire de Montréal, vous savez, celui qui est dans l’ancienne caserne de pompiers à l’architecture abusivement hétéroclite, dans le Vieux-Montréal.

 

J’aime l’histoire parce que j’aime comprendre.

Et pour comprendre, j’aime m’immerger totalement.

 

Au Centre d’Histoire, les expos sont construites comme ça, pour qu’on puisse entrer dans le passé comme dans un Tim Hortons.

Y faire un petit tour, y rester une heure, trois heures, puis retourner dans le vrai monde, en 2014, dans la vieille ville, à -25o Celsius.

 

La nouvelle exposition, celle qui remplace Quartiers disparus, s’appelle Scandale ! Vice, crime et moralité à Montréal, 1940-1960. Elle explique le statut d’oasis qui a échu à notre bien-aimée métropole un peu après la fin de la prohibition aux Etats-Unis. Elle parle des touristes du vice sur Ste-Catherine, des bars illégaux ouverts toute la nuit, des bordels. Elle explique c’est quoi un Zombie et comment se passaient les soirées aux Ponts de Paris, club lesbien où il était interdit aux hommes d’aborder les femmes.

 

L’expo est séparée en trois : nightlife et prostitution, trafic de drogue et d’alcool, criminalité et corruption des policiers. Les murs sont tapissés d’affiches de prévention contre la syphilis, d’annonces pour des chambres à louer à l’heure, de photos d’individus louches.

 

Dans la reconstitution d’une ruelle sombre, j’ai ouvert une grosse poubelle en métal. J’espérais presque y trouver un bras, une pièce à conviction ou un revolver.

 

J’exagère, évidemment. L’exposition est loin d’être aussi provocatrice que ne l’annoncent les affiches à l’entrée du Centre d’Histoire.

Mais elle est extrêmement riche et tout à fait passionnante.

À voir, donc.

 

– Anaïs Savignac