En 1985, la station soviétique Salyut-7, en orbite près de la Terre et en attente de son prochain équipage de cosmonautes, perd contact avec la tour de contrôle. L’URSS doit alors prendre une décision, abandonner sa station et attendre l’envoi de la station MIR prévue un an plus tard ou envoyer une équipe de réparation. Abandonner Salyut-7 signifie heurter l’honneur soviétique ainsi que freiner ses avancées dans le programme spatial, laissant la voie libre aux Américains pour prendre les devants avec leur Challenger. La réparer signifie risquer une mission difficile qui pourrait se solder par un échec. Voici un morceau de l’histoire de la conquête de l’espace qui mérite d’être raconté et Klim Shipenko nous offre un film inventif et captivant qui laisse souvent les mains moites. Un film n’ayant rien à envier à Gravity (2013).

Bien qu’il se base sur des faits réels, Salyut-7 prend quelques libertés pour nous présenter le courage de ses protagonistes, mais on pardonne aisément le côté romancé du film puisqu’il s’agit d’une façon commune de faire passer ce qui serait sinon, un film aux dialogues plutôt techniques, même cela fait parfois pencher le scénario vers le mélodramatique ou le sentimental. Mais l’œuvre est d’abord et avant tout un hommage à l’héroïsme russe devant l’ennemi gargantuesque qu’est l’espace.

La première scène du film annonce les couleurs. Ce qui semble être une mission de routine à l’extérieur de la station se transforme, le temps d’une petite erreur, en course contre la montre et la mort. Le découpage technique et le montage sont ingénieux permettant de sortir du décor restrictif des appareils. La mise en scène joue ainsi entre la vaste étendue de l’espace et les petites créations humaines. La musique, même si elle sombre parfois dans le sirupeux, est surtout utilisée pour souligner les moments de tension, transformant le drame spatial en épopée de science-fiction. Le film se veut un blockbuster et réussit en ce qu’il cumule les séquences d’action et tient le spectateur en otage.

Salyut-7 est un film à la réalisation maîtrisée et au jeu des acteurs juste qui n’essaie pas de faire semblant qu’il est autre chose qu’un grand divertissement.

Rose Normandin

Salyut-7 est en salle depuis le 20 juillet 2018.

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