Une Saint-Jean sous la pluie, ça a tout de même son charme. Même si la foule avait un petit air «oh-mon-Dieu-pourquoi-suis-je-sorti-ce-soir? », elle allait vite changer d’avis devant la qualité de ce qui l’attendait. Retour sur une Fête nationale à la sauce lavaloise.

C’est Neev, animateur bien sympathique, qui a lancé les festivités avant d’inviter le maire de la ville, Marc Demers, à prononcer quelques mots. Sous les parapluies, les spectateurs ont à peine sourcillé. Le pari n’était pas encore gagné. C’est quand Vincent Vallières est débarqué pour entonner À hauteur d’homme, pièce tirée de son plus récent album Le temps des vivants (2017) que le public a commencé à sortir de sa petite léthargie. En chantant les premières paroles de la populaire Le temps passe, l’auteur-compositeur-interprète a cogné le clou. Ok, on était à la Saint-Jean.

Entre gens trop festifs, capes de Québec volant au vent et danses spontanées sous la pluie, la Fête nationale de Laval a présenté des moments d’une grande beauté. Antoine Corriveau en a surpris plus d’un en se lançant dans une interprétation FOLLE de N’importe quoi d’Éric Lapointe aux côtés de Klô Pelgag. Tellement juste que l’hystérie a pris la foule, qui a beuglé les paroles avec conviction, le poing en l’air. L’enthousiasme n’a pas quitté le public quand l’artiste s’est lancé dans l’interprétation de la belle Croix blanche. Marc Déry a également tiré son épingle du jeu en chantant Les femmes préfèrent les ginos de Zébulon.

France d’Amour a aussi eu droit à un accueil chaleureux lorsqu’elle est venue nous chanter Vivante et Animal. Toujours aussi dynamique, l’artiste a même osé une petite improvisation jazz à la fin de sa prestation, nous rappelant du même coup que oui, elle compte les albums Bubble Bath & Champagne 1 et 2 dans sa discographie. On oublie souvent, hein? Mention spéciale au medley de plusieurs femmes de la scène hip-hop qui a suivi. Jenny Salgado, Sarahmée, Marie-Gold, Donzelle et Random Recipe ont présenté un numéro très solide. Passion, dynamisme et talent étaient au rendez-vous, et c’était beau à voir. Une belle idée!

Après un passage sympathique d’Émile Bilodeau – qui a bien sûr chanté son succès J’en ai plein mon cass -, une prestation un peu plus molle de Beyries – qui a un peu détonné avec Si j’étais un homme de Diane Tell – et un joli discours de Kim Thúy qui appelait à l’inclusion en nous présentant plusieurs personnes qui ont choisi le Québec comme maison, Diane Dufresne est aussi venue faire son tour, toujours aussi spectaculaire. Semblant se filmer avec son cellulaire lors de son interprétation d’Oxygène avec les Petits chanteurs de Laval et le pianiste Alain Sauvageau, la chanteuse a semblé faire une petite critique sociale sur notre rapport à la technologie. Mais qui sait vraiment?

C’est Daniel Bélanger qui est venu mettre la touche finale en venant chanter Il y a tant à faire, Rêver mieux et Spoutnik. Jolis jolis moments. C’est sous les feux d’artifices que la musique d’Afrikana Soul Sister (et les cris d’une spectatrice très enthousiaste, elle se reconnaîtra) a bien clôt la soirée.

Alors, ça valait le coup de traverser le pont? Oui, vraiment.

Mélissa Pelletier

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