Faire de la musique instrumentale, ça a plein d’avantages. Bien sûr, on peut penser, en tant que peuple minoritaire linguistiquement, à une carrière internationale dès la barrière du langage abolie. Mais je pense surtout au fait que vous ne vous retrouvez pas sur les listes de karaoké et que personne n’essaiera de vous enterrer pendant vos prestations pour vous prouver qu’ils aiment vos chansons et qu’ils ont écouté votre album plus que les autres.

En effet, pas un mot sinon des : « WOUHOUHOU! MA-LA-DE!» durant le spectacle de rentrée montréalaise de Sagapool ce mercredi 14 novembre à l’Astral.

Autrefois connu sous le nom de Manouche, Sagapool est composé de six anciens collègues du Conservatoire, tous plus versatiles les uns que les autres. Ayant la parfaite maîtrise de minimum trois instruments chaque, ils vous font vibrer à coup de saxophone, violon, accordéon, contrebasse, banjo, clarinette, mandoline, pour n’en nommer que quelques-uns qui s’ajoutent à l’usuel arrangement de batterie, guitare, piano et basse. Ils roulent leur bosse depuis presque 14 ans et cela se ressent clairement dans leur complicité. Le plaisir qu’ils ont d’être là et l’énergie qui s’en dégage est contagieuse.

Comme Zoé (violon, alto et glockenspiel) l’a savamment énoncé lors du spectacle, leur répertoire ressemble à celui d’un bipolaire et pour cause : chacun met son grain de sel en apportant sa touche personnelle et les influences qui vont de pair avec. Le résultat est envoûtant. Le tout teinté d’inspiration «Europe de l’est», Sagapool vous fait passer par toutes les gammes d’émotions : nostalgique un instant, le cœur en fête à l’autre, le public, inévitablement conquis, se laisse transporter selon leur bon plaisir.

Bien qu’ils aient, lors de leur spectacle, principalement mis en lumière des chansons de leur plus récent album, pour lequel ils ont d’ailleurs remporté le Félix 2012 de l’album instrumental, les membres de Sagapool nous ont gratifiés de leur plus récente pièce (en première mondiale – j’étais là!) nous rassurant ainsi sur leurs activités dans les années à venir. Si le prochain album est à l’image de la composition qu’ils nous ont interprétée mercredi, je trépigne d’impatience pour la sortie du prochain album.

«Un rappel!» «On en veut plus!». Bons joueurs, ils ont dit au gars du son qu’il pouvait ranger son matos et nous ont interprété, acoustiquement, un combat de violon suivi d’une pièce de leur invention. De toute beauté.

Si vous n’êtes pas encore convaincus, rendez-vous sur leur site où, à raison de quelques informations personnelles, vous pourrez télécharger gratuitement trois morceaux de leur dernier album.

http://www.sagapool.com/

– Vickie Lemelin-Goulet