Image tirée du film After Circus.

Ce samedi, Les Rendez-vous du cinéma québécois présentaient After Circus, un film de Viveka Melki qui, comme son titre l’indique, s’intéresse à la vie après le cirque. La réalisatrice a visité plusieurs fois, sur une période de trois ans, une communauté d’artistes de cirque à la retraite (ou presque).

Sarasota en Floride compte une petite communauté d’acrobates, de clowns et de dresseurs d’animaux. C’est dans cette ville qu’un directeur de cirque faisait venir des artistes du monde entier pour monter des numéros et les envoyer ensuite en tournée dans le pays. Ce fait historique à lui seul est fascinant et explique bien l’attachement des artistes qui sont revenus y finir leurs jours. Melki donne la parole à des forains de père en fille : des individus qui n’ont pas connu autre chose que la vie au cirque, la tournée de village en village et les performances à couper le souffle.

Des personnages hauts en paillettes

La documentariste suit d’abord Dolly Jacob, une acrobate aérienne dont la grâce indéniable est vantée par tous les autres artistes de la ville. Femme élégante et discrète de 58 ans, Dolly est très en forme et n’est pas tout à fait prête à laisser tomber l’excitation de la performance. Elle prépare, avec son mari un spectacle qui permettra à tous les artistes retraités encore capables de performer de retrouver le plaisir du cirque.

Tous les artistes que Melki visite ont quelque chose de touchant et d’un peu décalé : le clown d’à peu près 80 ans trouve que son maquillage le rajeunit, une ancienne dresseuse d’éléphants collectionne les bibelots d’éléphants compulsivement et cache des articles d’antiquité pour que ses enfants ne les lui volent pas, un homme fort colle des paillettes sur un veston la nuit parce que sa famille a toujours été réputée pour l’éclat de ses costumes et une dresseuse de chevaux suit et surveille sa fille alors qu’elle essaie de devenir elle-même dresseuse…

Cette vie de divertissement et de paillettes semble n’avoir laissé aucun artiste amer. Peut-être que le fait de vivre en communauté leur permet cette joie de partager leurs souvenirs et légendes. Nous n’en savons rien et c’est là le défaut de ce film qui manque un peu de substance et finit par s’essouffler. Melki filme chaque personnage avec tendresse et humour, elle laisse le temps à chacun de déployer sa persona, mais la vie de communauté, il nous faut l’imaginer. Il n’est pas toujours clair que les artistes se connaissent et évoluent dans la même ville. Aussi, les archives du cirque des années 1940 à 1980 gagneraient à être plus présentes au fil du documentaire.

Cela dit, After Circus, est un film très agréable qui a la qualité de laisser la place à des protagonistes drôles et étonnants et qui fera la joie de bien des salons lorsqu’il sera présenté sur les ondes de Radio-Canada et du Canal D.

Sans oublier Carlos d’Émily Laliberté

Le festival a eu cette belle idée de marier deux films pour certaines projections de longs métrages. Le court métrage Carlos était donc présenté en première partie d’After circus. Émily Laliberté a réalisé, dans le cadre du projet Face à l’image, un court documentaire touchant sur la rencontre entre deux jeunes partageant un intérêt commun pour le kickboxing : Carlos, autiste et Mohamed, neurotypique. Filmé avec sensibilité et humour, le documentaire donne envie de voir tous les portraits réalisés lors de ce projet.

Maude Levasseur

After Circus et Carlos étaient présentés dans le cadre des RVCQ le 20 février dernier à la Cinémathèque québécoise.
Pour plus d’information sur le film After Circus, suivez la page Facebook de Tortuga Films.
Pour la programmation complète des RVCQ, c’est ici.