Jusqu’au 10 octobre, l’Usine C présentait  Running Sushi, une production de la compagnie de danse autrichienne Liquid Loft. Chris Haring, directeur artistique et co-fondateur de la compagnie était présent lors des représentations, prenant soin d’introduire ce concept inspiré des mouvements manga et Superflat.

À la manière d’un bar à sushi où les clients choisissent à leur guise les plats qui défilent sur un tapis roulant, le public décide de l’ordre des 12 séquences qui composent cette performance pour deux danseurs-acteurs. Chacune d’entre elles porte un titre qui s’inscrit au devant de la scène. Lorsque les interprètes s’expriment en anglais ou en allemand, le texte est traduit simultanément en français. Ainsi, ils nous racontent la trame de leur relation amoureuse en mots et en mouvements.

Avis aux sceptiques, cette performance ne laisse personne indifférent.  Interprété de façon magistrale par Stephanie Cumming et Johnny Schoofs, le spectateur entre dans un univers éclaté où il est transposé littéralement dans une bande dessinée manga. Chaque mouvement est synchronisé avec des effets sonores de combat, conférant à leurs corps un effet robotique. On suit l’évolution de leur relation, des premiers inconforts à leur intimité. Des corps décontenancés entres lesquels des baguettes chinoises savamment posées s‘affalent, jusqu’au second tableau : l’orgasme explosif.  

Emplie d’humour, cette performance nous laisse sur une réflexion inspirée de l’aspect bidimensionnel du Superflat. «I think depth is a myth». Un discours sur la profondeur et la superficialité. Une touche de poésie pour clore une série de tableaux parfois farfelus, mais très inspirants.

Edith Malo