Jesuslesfilles Crédit photo : Mélissa Pelletier

Le week-end dernier, on a débuté la saison des festivals en grand en allant faire un tour du côté de Sainte-Thérèse. Entre les Métro Métro et Pouzzafest, c’est Santa Teresa qui a su ravir notre coeur. Faut dire que la relève avait encore part belle cette année. Retour sur les spectacles qui nous ont accroché l’oreille.

Thierry Larose

C’est à La Chapelle Sirius XM, un peu en retrait des festivités, que Thierry Larose a donné rendez-vous aux festivaliers. Une petite foule s’est éparpillée à travers le lieu pieux, que l’auteur-compositeur-interprète n’a pas manqué d’utiliser à son plein potentiel. Ici et là, Thierry a ponctué sa performance d’un chant qu’on pourrait qualifier de religieux (rendu là): « L’enfant est né, un fils est né… » Touche cocasse qui a prouvé, s’il le fallait, que l’artiste de tout juste 21 ans est loin de manquer d’aisance sur scène.

C’est dans cette atmosphère un peu bon enfant que Thierry Larose a joué en formule duo avec son sympathique gérant Francis Baumans à la guitare. Entre les Cantaloup, Cache cou et Club vidéo, l’artiste a offert une performance assumée et solide. Pleine de panache, même (oui oui). L’artiste a même tenté de crier le slogan du festival, « Au nom de la banlieue! » le poing en l’air. Un spectateur inspiré – mais malheureusement incapable de suivre le beat avec ses claquements de doigts, quel dommage pour nous tous  – a lancé un « AMEN » bien senti. Amen certain, mon brave.

Jesuslesfilles

Après une courte hésitation – c’est qu’Anatole allait suivre Thierry Larose sous peu – j’ai finalement pris la direction du Montecristo pour le spectacle de Jesuslesfilles. Pour avoir vu plusieurs concerts de la formation, je dois dire que c’est la salle dans laquelle j’ai pu le plus étendre mes mouvements de danse pour saluer leur talent (aka c’était presque vide). Le spectacle, qui a pris son envol quelques minutes en retard, a pourtant su attirer les joueurs de billard et les piliers de bar vers l’avant. Le groupe indie-rock, qui a sorti son troisième album Daniel en 2018, a poussé la note avec l’énergie qui le caractérise. Pas de temps mort, que de l’action sur la scène malgré la salle clairsemée. Chapeau bas, Jesuslesfilles!

Floes

Fast forward à dimanche, la performance de Floes au Saint-Graal a attiré notre attention. À notre arrivée sur place, l’ambiance était particulière : le secteur était presque désert puisque le cœur du festival se trouvait un peu plus loin. Le public non plus ne semblait pas trop en mode Santa Teresa, préférant jaser en buvant sa bière, mais le trio de Québec a su livrer une performance sentie et plus avec plus d’assurance que la première fois qu’on l’avait vu (à notre souvenir, autour de 2016). C’était aussi notre occasion de découvrir en live les chansons du dernier EP, Passionals paru l’année dernière, qui est franchement bon en passant!

Alex Burger

Après Floes, deux choix déchirants s’offraient à nous : Jonathan Personne (projet parallèle de certains des gars de Corridor) ou Alex Burger. On a opté pour le dernier, qui livrait une performance nonchalante et comique à souhait au Cha-Cha. Quelques semaines après fini sa série de participations à divers concours, dont la finale des Francouvertes, Burger n’avait franchement pas envie de se prendre trop au sérieux, et le public a très bien répondu à l’appel, interagissant avec le chanteur originaire de Saint-Hyacinthe et encourageant ses excès de folie. C’était seulement un peu bizarre d’écouter ses chansons rock’n’roll avec une touche country pendant que des émissions de lutte passaient sur écran géant, mais à Santa Teresa tout devient possible, right?

Un peu parce que la perfo d’Alex Burger nous a ouvert l’appétit pour du country et beaucoup parce que la WWE, c’est déconcentrant sur un moyen temps, on a quitté le Cha-Cha pour s’aventurer une fois de plus en dehors du site du festival, jusqu’à La Protestante, alias la Chapelle SiriusXM, pour y entendre Sara Dufour. En arrivant sur place, il a été possible d’échanger avec un des musiciens de Jonathan Personne (qui venait de jouer) qui a confirmé qu’un nouvel album de Corridor s’en venait pour l’automne, plus de deux ans après la sortie du remarquable Supermercado. On pourrait peut-être même s’attendre à un son légèrement plus propre que ce à quoi le quatuor montréalais nous a habitués par le passé… En tout cas, on a bien hâte d’entendre ça!

Sara Dufour

Sara Dufour / Photo : Jay Kearney

Mais retournons à notre incursion country : Sara Dufour a lancé le mois dernier son deuxième album, alliant énergie contagieuse et anecdotes personnelles mais assumées. Si sur album, certaines histoires sont plus difficiles à saisir, la musique de la Jeannoise prend tout son sens en live. Il faut dire qu’elle accorde autant d’importance à livrer des chansons de façon énergique et toujours avec un sourire taquin qu’en expliquant le sujet (toujours très comique) qui l’a menée à écrire les chansons en question. La foule était clairsemée (on parle quand même d’un spectacle un dimanche à 23h!), mais ça n’a pas du tout paru dans leur attitude, ce qui alimentait visiblement l’artiste, venue en formule trio pour l’occasion (avec un guitariste et un contrebassiste). Chapeau bas pour arriver à créer une véritable énergie digne d’un rock band tout en restant en formule «acoustique».

Mélissa Pelletier et Olivier Dénommée