La messe transfigurée / Photo : Olivier Du Ruisseau

Le réveil a probablement été très difficile lundi matin pour ceux qui viennent de passer les trois derniers jours à Santa Teresa. Le jeune festival de musique a complètement enflammé les rues de Sainte-Thérèse. Rien à envier aux grands festivals montréalais (ou presque…)! Aperçu de notre fin de semaine mouvementée sur la Rive-Nord.

Vendredi 18 mai, première journée. Le soleil était au rendez-vous. La rue Blainville, fermée pour l’occasion, s’est fait envahir. Bien que deux petits concerts avaient déjà eu lieu, l’action a vraiment commencé à 19 h 30, lorsqu’était diffusée en direct l’émission de radio On dira ce qu’on voudra. On nous présentait les invités du festival, notamment Hubert Lenoir et Lydia Képinski, interviewés devant la place de l’hôtel de ville. Au même moment, Mort Rose animait le Saint Graal. L’ambiance était déjà festive. À 20 h, on s’est dirigé à l’église Sainte-Thérèse-d’Avila pour le concert de Feist, certainement le plus couru du festival et le seul à afficher complet à l’avance. La Force a brillamment assuré la première partie, donnant le ton du concert à venir, et Feist a vraiment surpassé toutes nos attentes!

La rockeuse canadienne dont la réputation n’est plus à faire a complètement dominé la scène de l’église, qui lui allait à merveille. Son concert a duré plus de deux heures, de quoi satisfaire ses fans venus spécialement pour elle. Magnifique dans sa robe rose, aux couleurs de son dernier album Pleasure, elle a donné une performance à la fois élégante et entraînante, se méritant quatre ovations debout pendant le spectacle! En plus d’avoir séduit son public avec ses dernières chansons et ses plus vieux succès comme Mushaboom ou Metals, elle est revenue sur scène en rappel, accompagnée de La Force et de… Safia Nolin (!) pour interpréter Ciadas and Gulls, avant de laisser la chanteuse seule sur scène, une dernière fois, pour l’inévitable 1,2,3,4, somptueusement remaniée pour l’occasion.

Feist accompagnée de Safia Nolin / Photo : Olivier Du Ruisseau

***

Samedi 19. Probablement la journée la moins intéressante du festival, surtout à cause de la pluie, mais quand même bien surprenante! Le rock, le punk et l’électro étaient à l’honneur. On a notamment eu droit à la présence de July Talk en soirée. Malgré le public moins nombreux, visiblement découragé par la pluie, le concert était puissant : c’est là que la soirée a vraiment décollé! Le festival a cependant vécu plusieurs problèmes techniques. Le concert de Her a été déplacé deux fois, puis annulé, et Wolf Parade a été forcé, à la dernière minute, de jouer dans une toute petite salle.

July Talk / Photo : Olivier Du Ruisseau

Malgré l’annulation de Her, on est resté au cabaret BMO de 21 h à 1 h 30 du matin pour un enchaînement de musique électronique entraînant : Rone, Darius et Todd Terje. Les trois stars européennes, méconnues chez nous, ont impressionné la foule venue se réfugier du mauvais temps dans le cabaret transformé en boîte de nuit. Rone a donné le concert le plus fascinant et surprenant de la journée : le DJ français de 37 ans a fait danser tout le monde avec un set solide, qui s’est bien sûr terminé par Bye Bye Macadam, son plus grand succès. Malgré le manque d’organisation et l’attente interminable devant certaines salles (comme pour Milk and Bone, où des centaines de festivaliers se font fait refuser l’accès après avoir attendu trop longtemps), samedi a été la nuit la plus bouillonnante, faisant danser tout le monde jusqu’à 3 h, enchaînant les afterparties.

***

Klô Pelgag et Marc Hervieux pendant la Messe transfigurée / Photo : Olivier Du Ruisseau

Dimanche 20 mai, dernière journée. Le soleil est revenu et a ramené avec lui du monde sur les terrasses et devant les scènes extérieures. Le rap dominait partout, en commençant avec les Dead Obies à 16 h 45, en pleine forme devant leurs fans toujours aussi déchaînés. Loud a suivi et a battu le record du plus grand public sur la scène extérieure avec un concert tout aussi épatant. Toutefois, Oh Wonder, à 20 h, n’a vraiment pas réussi à faire lever la foule. Malgré cette musique pop attachante et ses quelques fans, le public semblait surtout attendre Lil Uzi Vert, dont la présence a fini par être annulée à cause du « manque de coopération des douanes canadiennes », au grand désespoir de plusieurs. Néanmoins, à la (trop) petite salle le ChaCha, on a pu assister à trois concerts épatants : Loïc April, Lydia Képinski et Hubert Lenoir, bête de scène extraordinaire, mêlant jazz et rock, avec tout le style qu’on lui connaît.

C’est cependant Klô Pelgag et sa Messe transfigurée qui a retenu toute notre attention. Sans hésitation, notre plus grand coup de cœur de Sante Teresa! L’artiste est arrivée sur scène avec VioleTT Pi dans un cortège grandiose, qui a ensuite donné un sermon, habillé en prêtre, sur le rôle de la musique. S’en est suivi une performance magnifique de la chanteuse, faisant danser jeunes et vieux sur ses plus grands succès, entre autres accompagnée de Marc Hervieux pour un numéro impressionnant avec La chorégraphie des âmes. La mise en scène était épatante et la musique nous a séduit du début à la fin. Belle cérémonie de clôture pour le festival!

Malgré les difficultés techniques et les failles dans l’organisation, notamment par rapport aux longues files d’attente et à l’horaire, Santa Teresa a quand même fait des pas de géants depuis l’an dernier, avec une programmation solide et une ambiance presque parfaite.

On a très envie d’y retourner l’an prochain!

Olivier Du Ruisseau

BABILLARD : Un événement à annoncer? Une formation dans le milieu culturel à faire découvrir? Envie de jammer avec des artistes de feu? Une offre d’emploi? Un autre truc à partager? C’est ici que ça se passe, maintenant, pour partager avec les lecteurs des Méconnus!

À DÉCOUVRIR AUSSI :