Crédits photos: Jean-Michael Seminaro

Se rendre à un événement du Centre des auteurs dramatiques (CEAD), ça peut donner l’impression d’assister à une réunion de famille. Quand en plus le dit événement est une remise de prix pour des auteurs dramatiques, et bien ça prend des airs de fête. Ça jase, ça se prend dans les bras, ça rencontre sur le coin du bar: bref, les gens présents y étaient définitivement par intérêt et non par obligation 5à7ienne.

Après le cocktail d’usage, bien sympathique, le comédien Vincent Bolduc a mis son chapeau d’animateur pour lancer la cérémonie conviviale. Dans le Monument-National, l’excitation était palpable: qui allait remporter les trois récompenses? Sur scène avec Bolduc, quatre comédiens qui allaient nous offrir des extraits des pièces en lice: Laurence Dauphinais, Hubert Lemire, Didier Lucien et Leïla Thibeault-Louchem. Dirigés par Geoffrey Gaquère, les artistes ont ajouté une touche vraiment chaleureuse à l’événement, tout en soulignant avec brio la couleur des textes en “compétition”.

CEAD 2.1Jonathan Bernier et Mitsou Gélinas

Pour le prix Gratien-Gélinas, remis à un dramaturge qui s’est démarqué dans la relève en écriture dramatique – constitué d’une bourse de 10 000$ pour l’auteur et de 15 000$ pour permettre à la troupe de porter le texte à la scène – le lauréat était déjà connu: c’est Jonathan Bernier qui est reparti avec le prix pour sa pièce Danserault. Un premier texte puissant, qu’on espère voir bientôt voir au théâtre. Deux dramaturges ont reçu une mention pour l’excellence de leur travail: Rébecca Déraspe pour Nino et Benjamin Pradet pour 80 000 âmes vers Albany. Ces deux auteurs ont reçu une bourse de 1000$, ce qui les aidera bien, on le devine, à continuer leur bon travail.

CEAD 2Jean-François Guilbault et Andréanne Joubert

Et hop, on passe au prix Louise-LaHaye, pour l’écriture dramatique destinée à un jeune public. Compétition serrée. Entre Noyade(S) de Jean-François Guilbault et Andréanne Joubert et Gretel et Hansel de Suzanne Lebeau, on peut dire qu’on frôle le choix par goût. C’est finalement le duo Guibault et Joubert, ému et exubérant, qui a remporté la bourse de 10 000$.

CEAD 3François Archambault

Roulement de tambour. Dernière catégorie. Le plat de résistance: le prix Michel-Tremblay (et une bourse de 20 000$). Remis au meilleur texte ayant été porté à la scène durant la dernière saison, ce prix affichait une brochette de finalistes assez costauds. Entre Tu te souviendras de moi de François Archambault, Fratrie de Marc-Antoine Cyr, Les champs pétrolifères de Guillaume Lagarde, Gretel et Hansel de Suzanne Lebeau et Soledad au hasard de Julie Vincent, il y avait de quoi hésiter. Sérieusement. Et c’est finalement Tu te souviendras de moi, un texte très touchant de François Archambault sur l’alzheimer, qui a eu les honneurs. Visiblement ravi, l’auteur a accepté le prix avec verve: “J’aimerais lever mon chapeau à tous ceux qui décident d’écrire du théâtre, parce que ce n’est pas toujours facile. Je voudrais d’ailleurs remercier Michel Tremblay, qui est devenu un prix!” 

Ça a sonné la fin de la soirée. Tranquillement pas vite, le Monument-National s’est vidé. Je n’ai pu que réaliser, en voyant tous ces gens quitter la salle, que le CEAD fait encore et toujours briller les talents qui pullulent au Québec. Et que les gens sont loin de fermer les yeux devant cette relève de l’écriture dramatique forte, solide, qui présage vraiment bien pour demain.

– Mélissa Pelletier