Crédit : Jon Tyson

Après un bel été, l’automne et ses couleurs s’en viennent avec de ravissantes programmations dans toutes les salles de spectacles de Montréal, mais aussi, en extérieur! Petit tour d’horizon pour savoir quoi aller voir cet autonome, dans le monde de la danse.

Festival Quartiers Danses, soirée d’ouverture
7 septembre à 20h – Cinquième salle de la Place des Arts

Besoin de réfléchir grâce à l’art?

Le 7 septembre prochain, c’est la soirée d’ouverture du Festival Quartiers Danses (dont on vous parle plus en détails ici). Au programme, Roderick George avec sa compagnie berlinoise kNoname Artist présente deux pièces : DUST et Fleshless Beast. Formé notamment par la Houston Ballet Academy et la prestigieuse Alvin Ailey School, les créations chorégraphiques de Roderick George mélangent virtuosité technique, esprit urbain ainsi qu’une rigueur esthétique du ballet contemporain.

Dans DUST, le chorégraphe questionne les interactions sociales à travers un quatuor masculin. Il continue ses recherches d’ordre sociologique avec la pièce Fleshless Beast où un sextet prend l’espace et interroge les diversités de genres, de couleurs de peau et de mondialisation. Une belle soirée de réflexion en perspective.

Dada Masilo / The Dance Factory, Giselle
Du 25 au 29 septembre – Théâtre Maisonneuve

Envie de revoir un grand classique?

Parmi les grandes pièces proposées par Danse Danse cette année, on retrouve la chorégraphe sud-africaine Dada Masilo et sa compagnie Dance Factory Johannesburg. Formée à la Dance Factory, à la National School of the Arts de Johannesburg puis à l’école P.A.R.T.S de Bruxelles, cette artiste aime à réinventer les grandes histoires et les mettre au gout du jour. Elle impressionne par des gestuelles contrastées, des techniques de danse variées et un mixe original de genres musicaux. Connue pour ses relectures de ballets classiques comme Swan Lake ou Carmen, elle revisite cette fois-ci l’héroïne classique Giselle qui sera une Giselle féministe.

Le but de la chorégraphe est de divertir tout en apportant un vent de réflexion pour le public à travers des thèmes comme la vengeance ou le chagrin. Un beau défi et une intéressante signature chorégraphique qui ramène le passé devant nos yeux.

Tentacle Tribe, Ghost
Du 13 au 17 novembre – Cinquième salle de la Place des Arts

Vous aimez l’esprit urbain et la gestuelle hip-hop?

Tentacle Tribe, composé d’Emmanuelle LêPhan et Elon Höglund, revient cette année avec une toute nouvelle création Ghost. Emmanuelle LêPhan a construit sa carrière d’artiste autour de la danse contemporaine et des performances de cirque. Aussi connue sous le nom de Cleopatra, elle est une b-girl polyvalente qui s’affirme tant en breakdance qu’en popping ou encore en capoeira ou en house. Formée en danse contemporaine à l’Université Concordia, elle a été juge dans des compétitions de breakdance et all-style depuis 1999 et a collaboré avec de nombreuses compagnies.

Elon Höglund, lui, est né à Stockholm. Bercé par la musique hip-hop, il s’intéresse dès son plus jeune âge aux arts martiaux, aux popping et au breakdance. Inspiré par le théâtre, la danse contemporaine et les danses urbaines, il développe sa propre approche du mouvement et se construit, lui aussi, une pluralité gestuelle remarquable. Depuis 2001, il est chorégraphe pour de plusieurs productions et collabore à différentes compagnies. Emmanuelle Lê Phan et Elon Höglund ont réuni leur créativité et leur gestuelle inusitée pour créer la compagnie Tentacle Tribe en 2012.

Inspirés par les arts martiaux, les danses de rue et la danse contemporaine, les deux artistes connectent et sculptent les corps et l’espace dans Ghost. C’est une danse stimulante et vivifiante qu’ils proposent où six interprètes s’immergent dans le mécanisme de la respiration. Ils explorent toutes les variétés du corps et exposent devant le public toutes les nuances qui en ressortent. Un appel d’air enivrant.

Groupe RUBBERBANDance, Vraiment doucement
Du 5 au 8 décembre – Théâtre Maisonneuve

Encore un peu d’esprit urbain?

Le Groupe RUBBERBANDance et son chorégraphe Victor Quijada dévoilent leur nouvelle création : Vraiment doucement. C’est dans les clubs de hip-hop de Los Angeles que Victor Quijada bâtit ses premières expériences. Il fera carrière aux côtés de figures importantes en danse post-moderne, mais aussi au cœur du ballet classique/contemporain avec notamment THARP!, Ballet Tech ou encore Les Grands Ballets Canadiens. En 2002, il fonde sa compagnie, le Groupe RUBBERBANDance, avec lequel il cherche à créer un pont entre la spontanéité,la témérité du hip-hop et le raffinement, l’esthétique du ballet contemporain/classique. Inspiré par l’improvisation, le théâtre et le cinéma, Victor Quijada crée des pièces inédites à l’identité chorégraphique unique en son genre.

Dans la pièce Vraiment doucement, l’artiste met en scène 10 jeunes danseurs révoltés qui cherchent la tranquillité dans un monde où l’agitation prend toute la place. Exploration des points de rupture, la création évoque la fin et le recommencement. Mariage entre la grâce du ballet, la tonique gestuelle du breakdance et l’univers du hip-hop, le public risque d’être emporté dans un bien bel univers scénique et chorégraphique.

Van Grimde Corps Secrets, EVE 2050
Installation et performance du 19 au 21 septembre à l’Agora de la danse, édifice Wilder. Installation seule du 20 au 22 septembre à l’Agora de la danse, édifice Wilder.

Intéressés par l’innovation technologique et la science?

On vous conseille d’aller voir la compagnie Van Grimde Corps Secrets et sa création EVE 2050. Dans la poursuite de sa quête philosophique, chorégraphie et scientifique, Van Grimde Corps Secrets revient avec un projet captivant : une installation numérique interactive qui conte l’histoire en perpétuel changement d’Eve, l’humain de demain. Femme, transgenre, homme, enfant, vieillard, corps machine, corps hybride avec d’autres espèces ou corps augmenté, Eve réagit au contact des spectateurs et des danseurs.

Dans un premier temps, le public sera libre de déambuler dans un décor immersif et de jouer au cœur des panneaux interactifs où son visage sera capté, modifié, propagé en direct, parmi tant d’autres. Il devient lui-même visage d’Eve. La performance en direct prendra forme par après, avec l’arrivée de danseurs qui révèleront toutes les facettes d’un corps humain en transformation en jouant sur les aspects technologiques, chorégraphiques et scientifiques.

Sarah Dell’Ava, Atelier en secret
Du 3 octobre au 28 novembre 2018 puis du 24 janvier au 27 février 2019 avec une pause le 24 octobre, 14 et 21 novembre. Places limitées, Agora de la danse. Présentation finale devant public : le vendredi 1er mars 2019. De 9 à 99 ans. Expérience en danse non requise.

Et pourquoi ne pas entrer dans la danse?

Pour les amoureux de la sensibilité et de l’expérience corporelle unique en son genre, on vous recommande chaudement le nouveau canevas chorégraphique de Sarah Dell’Ava. Chorégraphe, danseuse et enseignante, Sarah Dell’Ava s’inscrit dans une démarche multidisciplinaire qui explore le corps. Elle synthétise son travail par cette phrase « Il s’agit moins de faire une œuvre que de retrouver la Source », Gorges Haldas. Ces projets s’articulent toujours par des quêtes sur la nature profonde de l’être. Danse, chant, arts visuels enlacent sa pratique et définissent ses œuvres et ateliers. À travers des processus de création, elle cherche à favoriser les rencontres et à mélanger différentes communautés.

Avec les ateliers en secret, l’artiste veut créer un espace de créativité et de rencontre où les sens et le corps entreront en mouvement. Comment exprimer le secret en écrivant, en dessinant, en bougeant?  L’atelier, qui se déroule sur douze semaines, désire étudier comment ce qui nous divise (sexe, statut social, âge) peut devenir ce qui nous rassemble, au travers de la danse.

Une expérience à vivre tout cet automne, et ce, jusqu’au printemps 2019.

Louise Lecavalier, So blue
12-13 octobre – Usine C

Envie de voir une danseuse mythique sur scène?

Venez voir (ou revoir) l’incroyable Louise Lecavalier et sa pièce So blue. Danseuse spectaculaire associée à Édouard Lock et la célèbre compagnie Lalala Human Step, Louise Lecavalier fonde en 2006 sa propre compagnie. Après 40 ans de carrière, cette artiste rebelle et incontournable poursuit sa recherche sur la vulnérabilité des corps et leur puissance.

Avec So blue, la danse énergise, la danse transforme les corps en perpétuel mouvement, la danse va chercher les corps dans leurs derniers retranchements. Louise Lecavalier et son partenaire Frédéric Tavernini n’ont pas de répit et se dépassent sur scène.

Milan Gervais/Human Playground, Parking
Le 15 septembre 2018, 109, rue Sainte-Anne – Sainte-Anne-de-Bellevue

Et pourquoi ne pas sortir un peu de la ville?

On vous conseille Parking de Milan Gervais qui aura lieu à Saint-Anne de Bellevue, et ce en extérieur. Interprète auprès de plusieurs chorégraphes, Milan Gervais focalise sa carrière de chorégraphe sur les performances in situ. Véritable chorégraphe du quotidien, Milan Gervais explore les possibilités multiples de la rue, de l’espace urbain et des corps en interaction avec ces divers espaces : sur les trottoirs, dans les parkings, dans une galerie passante ou aux abords d’un passage à piétons. La rue devient sa scène et les passants sont public cible. Désireuse de faire de la danse un acte engagé, elle crée Human Playground, une plateforme par laquelle elle désire allier son intérêt pour le corps en mouvement et la communication.

Avec Parking, elle propose une véritable création danse-théâtre qui fait déambuler le public et le positionne en véritable témoin d’événements. Les 4 danseurs se voient chamboulés par ce qui se passe et jouent devant les spectateurs au jeu de la vie. Chorégraphie dynamique, sensibilité artistique et parenthèses intimistes nous donnent envie d’assister au spectacle.

Helene Blackburn/Cas Public, 9
Du 14 au 15 novembre 2018. 9 ans et +. Maison de la culture Frontenac

Et si on parlait de handicap aux enfants?

Avec son spectacle 9, Helene Blackburn invite la compagnie Cas Public à se questionner sur le handicap. Helene Blackburn entame ses études dans le domaine de l’ethnographie et du théâtre avant de retourner vers son premier amour qu’est la danse. Après la poursuite d’une formation professionnelle aux studios de Linda Rabin (actuelle École de danse contemporaine de Montréal) et à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), elle collabore comme interprète jusqu’en 1989 avec Jean-Pierre Perreault. En 1989, elle fonde la compagnie Cas Public qui se fait connaitre à l’internationale avec pas moins de quinze créations destinées au jeune public.

Au sein de cette compagnie, on retrouve un danseur professionnel atypique : Cai Glover, malentendant, point de départ de la pièce 9. Véritable œuvre chorégraphe sur les sens de l’être humain, 9 incarne une poésie et repousse les limites du corps pour s’intéresser aux ressentis. À travers une gestuelle technique éblouissante, le corps devient un langage à part entière et désire instruire les plus petits avec une mise en scène adaptée et ludique.

Sarah Slipper, MemoryHouse
15 novembre 2018. Maison de la culture Frontenac

Un moment d’intimité?

En programme double avec 9, on retrouve la chorégraphe Sarah Slipper et sa pièce MemoryHouse. Formé à la Royal Ballet School de Londres et à la Royal Winnipeg Ballet School, Sarah Slipper commence sa carrière professionnelle en devenant l’une des principales ballerines dramatiques de la compagnie du Royal Winnipeg Ballet. Danseuse principale dans des ballets classiques tels que Swan Lake, Les Sylphides, Giselle ou Casse-Noisette, elle a collaboré avec de nombreux chorégraphes, réalisateurs et enseignants de renommée internationale.

Après avoir quitté la scène, elle étudie le théâtre et joue un rôle très actif dans l’enseignement et le coaching de jeunes danseurs. Chorégraphe indépendante, elle a créé de nombreuses pièces pour plusieurs compagnies, notamment plus de 40 ballets ainsi que de nombreuses autres créations pour le NW Dance Project, dont elle est la directrice artistique.

Tableaux flous tirés du présent ou du passé, MemoryHouse est une création originale où les mouvements des danseurs sont décidés à la dernière minute. Deux interprètes, un homme et une femme, s’invitent à cette exploration hasardeuse. La danseuse a les yeux fermés, vulnérable à son partenaire, qui peut être présent ou non.

Un véritable saut dans le vide qui instaure une proximité intéressante.

Bien évidemment, il s’agit d’une liste non exhaustive de tous les choix des spectacle de danse qui s’offre à vous cet automne. Cependant, il vous permettra, je l’espère, de vous orienter un peu et surtout, de vous donner le gout d’explorer par vous-même afin de trouver vous aussi vos coups de cœur de la saison et de laisser votre cœur danser.

– Léa Villalba

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