C’est bien excitée que je me suis rendue au Club Soda hier soir pour assister à la rentrée montréalaise de Louis-Jean Cormier. Ceux qui me connaissent de près ou de loin savent peut-être que je suis une fan finie de Karkwa. En manque de leur son unique durant leur pause de groupe, j’avais bien hâte d’entendre en spectacle le nouvel album de Cormier, Le treizième étage. Et je n’ai pas été déçue! (Des surpris?)

Pour réchauffer la foule, Cormier a fait appel à Dany Placard. De son propre aveu, il se sentait «un peu timide aujourd’hui». Malheureusement, ce léger malaise a paru et a miné un peu l’ambiance. Pour l’avoir vu très enjoué un certain soir d’octobre avec Chantal Archambault à la Taverne Jarry, j’ai été plutôt étonnée par sa prestation. Malgré tout, Placard sait ce qu’il fait et il le fait bien : pas de fausses notes, seulement un petit manque d’enthousiasme ici.

Une petite pause avant la suite du spectacle (qui m’a permis de me réapprovisionner en bière et de tenter de trouver une place loin de tous les gars de 7 pieds et quelques qui jonchaient la salle…) et Cormier s’est lancé sur scène avec sa gang, entonnant l’excellente chanson Bull’s Eyes. Parce que l’artiste est clair : même s’il ne joue pas avec Karkwa en ce moment et qu’il a eu besoin de visiter «une autre trail», il ne se sent pas moins un gars de band. «Je me refuse à parler au «je» ce soir!» Beau défi, qu’il a d’ailleurs relevé!

En plus d’interpréter toutes les chansons de son premier album solo, Cormier a tenu à chanter une reprise de Ne dis rien de Claude Léveillée. Quelle évolution entre la chansonnette que Louis-Jean nous a fait entendre sur un magnétophone (jolie attention) et la mélodie très travaillée qui est sortie de l’adaptation! Sur la même lancée, il a ensuite entonné Au long de tes hanches, pièce extraite de l’album L’homme rapaillé en hommage à la poésie de Gaston Miron. Beau privilège, les spectateurs ont également pu entendre une version revisitée de l’extrait Le bon sens, de l’album Les chemins de verre de Karkwa.

Entre toutes ces chansons très bien interprétées, une espèce d’intimité chaleureuse s’est installée au Club Soda. Peut-être est-ce de voir tous les musiciens se réunir autour du micro de Cormier pour chanter leur version de I’ve Just Seen a Face des Beatles, ou le touchant duo empreint de tendresse (et surtout d’humour) de Louis-Jean et Adèle Trottier-Rivard pour Les chansons folles, mais je me suis sentie chanceuse d’être là. En regardant les visages paisibles autour de moi, j’ai réalisé que ce n’était pas nécessairement mon statut de «fan finie» qui m’influençait. Que voulez-vous, la bonne musique réunit souvent les gens. Et comme dirait Louis-Jean : «Demeurez toujours curieux!»

–  Mélissa Pelletier

Pour les chanceux qui ont des billets pour la supplémentaire de ce soir, profitez-en! Et j’invite les autres à aller assister à ce beau spectacle, ça vaut la peine.

Le vidéoclip pour la pièce L’Ascenseur ici :