Texte à quatre mains: Annie Dumont, Edith Paré-Roy, Marie-Eve Leclerc et Mélissa Pelletier

Downtown St-Tite, Québec, 15 septembre. Les quelques rues principales du village sont prises d’assaut par des milliers de festivaliers, une faune variée, avec ses cowboys aguerris et les autres, ceux du dimanche, venus se mettre au fait de ce qu’il se passe de bon au royaume du country et des hommes de chevaux. Partout, on ne voit qu’une chose : une marre de chapeaux de cowboys de toutes sortes, des vrais, des pas vrais, des beaux et des cheaps. Bienvenue à la 45e édition du Festival western de Saint-Tite!

On se promène, on va là où les bottes de cowboys qu’on n’a pas mises nous mènent. Telles des cowgirls en plein Far West, on erre dans les rues de St-Tite, à l’affût. On prend le pouls. C’est donc ça, le Festival Western de St-Tite. Après quelques hiiiihaaaa bien sentis (on avait toujours rêvé de faire ça), notre véritable exploration commence.

Countrythèque Galaxie: le royaume de la danse en ligne

Petit tour à la tente countrythèque Galaxie, où s’enchaînent les succès country devant une foule de curieux et d’habitués, ces derniers n’hésitant jamais à se joindre au groupe de danseurs qui s’exécute sans faux pas devant la scène. Bière à la main, on passe un moment à observer la scène, les chanteurs qui se cèdent le micro les uns les autres devant une foule bruyante et animée. Au menu : Honky Tonk Boys, Dark Whiskey et Country Flash. Pour les néophytes du country que nous sommes toutes, voilà une immersion nécessaire et festive à souhait.

Un petit tour au poulailler

En tant que ferventes de l’émergence et de l’underground, nous avons cherché assez longuement l’endroit où trouver les nouveaux talents du country et du western. La bière à la main et l’espoir au coeur (oui oui), nous avons marché quelques heures et demandé notre chemin autant de fois. Si les festivaliers étaient débordants d’enthousiasme, ils l’étaient un peu moins de sens d’orientation. Qu’à cela ne tienne, nous avons finalement réussi à trouver le poulailler. Endroit par excellence de découvertes, il donne place à des performances touchantes de maladresse.

D’abord Mado Demers, cette chère Mado, qui nous a fait rêver (et malheureusement bien rire) avec sa prestation. «Pourquoué tu m’fais pu l’amour? Tu passes ton temps à r’garder la tévéééé…» Hilarant. Et que dire de Raymonde Lévesque, qui se produisait «pour la première fois devant un si grand public». La soixantaine bien avancée, elle nous a chanté un hommage touchant à son père avec sa bouille de mamie adorable: «Mon cher pâpâ, pourquoi tu n’es plus là?! Depuis que tu n’es plus là, maman pleure souvent!» Les chanteurs tiraient peut-être plus de rires que d’admiration à la foule, mais ils étaient sacrément divertissants!

Hommage à Johnny Cash, nous voilà!

Tout festival de country ou de western qui se respecte fait une place au feu guitariste Johnny Cash. Pour la modique (!) somme de 47 $, les amateurs de Johnny Cash pouvaient voir leur idole revivre sous les traits de Shawn Barker. Reprenant avec justesse et enthousiasme les classiques du musicien (I Walk the Line, Ring of Fire, Man in Black, etc.), il a conquis la foule. Il faut dire aussi que sa voix ressemblait à s’y méprendre à celle de la légende du country. Les spectateurs, pour la plupart déjà éméchés même s’il n’était que 20 h, ont participé à cœur joie au concert : danse, cris, chants, applaudissements…

S’il y a peu à redire sur la prestation musicale de Shawn Barker, les intermèdes étaient moins convaincants. Il continuait à se prendre pour Johnny Cash, racontant ses histoires de prison, ses amours et ses aventures comme s’il s’agissait des siennes. Drôle d’idée, en plus du résultat plutôt boiteux…

Rodéo Rock Extrême

Quelques heures plus tard, nous voilà bien installées dans les gradins des Grandes estrades pour assister au Rodéo Rock Extrême, une soirée rodéo où sont présentées une variété de disciplines, notamment la monte de chevaux sauvages, la monte du taureau, l’échange de cavaliers, la course de sauvetage et la course de barils. Dans les estrades, une ambiance survoltée règne, avec les amateurs et les amateurs d’un soir qui s’entassent et se dandinent en tentant de se réchauffer tandis que le thermomètre frôle la barre du zéro. L’expérience est totale: feux d’artifice, musique rock et rodéo, tout y est pour une initiation réussie et mémorable aux sports des cowboys et des cowgirls. De quoi satisfaire les habitués aussi bien que les badauds, il n’y a là aucun doute.

La tête remplie des mélodies de Johnny, de pas de danse qu’on ne maîtrise pas encore tout à fait et de hennissements de chevaux, on reprend le chemin des rues de St-Tite, un peu plus vides à cette heure tardive mais encore pleines des festivaliers qui marchent juste un peu moins droit qu’au début. Malgré le froid qui nous submerge littéralement, la chaleur ambiante dans les rues nous réchauffe. On a le sourire aux lèvres, et la drôle d’impression d’avoir littéralement découvert un monde nouveau.