Dimanche, le 23 septembre – Les oreilles bourdonnantes d’avoir écouté une quinzaine de shows en 3 jours grâce à POP Montréal, me voilà à La Tulipe pour le concert de Purity Ring, un duo électro-pop tout nouveau, tout chaud (formé en 2010). Je pense terminer cette orgie musicale bercée par de la musique douce, sensuelle et mélodique telle que sur l’album Shrines (le seul du band pour l’instant). Assise aussi confortablement qu’un tabouret le permet, je m’étonne dès les premières notes de Belispeak. Megan James est en voix; Corin Roddick se déchaîne sur ses synthétiseurs… Le spectacle s’annonce chaud, et ça me donne même envie de danser même si je ne danse jamais!

 

Plein la vue!

Leurs premières pièces, bien qu’elles respectent la version enregistrée, se font plus intenses et rythmées. On a droit à une excellente performance vocale de la part de Megan James, reconnue pour sa voix singulière : éthérée, légèrement cassée mais accrocheuse. D’ailleurs, plusieurs la comparent à Bjork (selon moi, qui vénère cette chanteuse islandaise, elle ne pourrait être que sa lointaine cousine, mais bon…). La foule, déjà dans un bon mood grâce à Evian Christ qui précédait, semble conquise. Elle fond littéralement quand commence le hit Lofticries. Déjà, l’expérience musicale vaut amplement le 15 $ du billet… et la soirée est encore jeune!

Non seulement le band rend à merveille ses chansons, parmi lesquelles leurs populaires Amenamy, Obedear et Crawlersout, mais il se produit dans une mise en scène charmante. Au-dessus des artistes se trouve une vingtaine de lanternes, au look de «cocons croisés avec des lanternes chinoises», comme le décrit bien un ami. Les lanternes s’illuminent et clignotent selon le rythme des chansons, puis changent de couleur selon l’ambiance et les paroles. Si le concept peut paraître simpliste, il met bien en valeur l’électro-pop de Purity Ring. De plus, des petites lampes se colorent en suivant le rythme des drum pads de Corin Roddick, ce qui rajoute à l’expérience visuelle. On a encore une fois la preuve que le minimalisme peut en mettre plein la vue!

 

Sortis de nulle part… mais rendus loin!

Purity Ring s’est formé à Edmonton pour « vaincre l’ennui » (Corin Roddick). Comme peu de bands électro viennent de cette ville, la formation, à ses débuts, a créé un certain émoi chez les mélomanes. Plusieurs se demandaient alors d’où venaient ces beats efficaces et originaux, d’autant plus que les membres du band sont dans la jeune vingtaine. Chose certaine, leur tournée d’un mois, qui s’est conclue à Montréal, montre qu’ils ont déjà fait beaucoup de chemin en peu de temps!

Si la plupart saluent le talent du band, son album a aussi reçu de mauvaises critiques. Des pièces ressortent du lot, telles que les fameuses Ungirthed et Obedear (qui peuvent même créer une dépendance!). D’autres passent plutôt inaperçues, comme un bruit de fond pas désagréable mais qu’on ne remarque pas ou à peine. Cela dit, si l’album présente une qualité inégale, il s’écoute bien et en a déjà conquis plusieurs. Parmi eux, le célèbre magazine Pitchfork se montre très enthousiaste devant le rétro-futuriste (!) de Purity Ring. Cela dit, la prestation sur scène à La Tulipe ne laisse aucun doute : le band est promis à un bel avenir!

Fineshrine, avec ses magnifiques paroles (Get a little closer let it fold / Cut upon my sternum and pull / My little ribs around you), clôt en beauté POP Montréal avant que la vie normale reprenne son cours. De l’électro-pop mélodique, sensuel et à intense à la fois, que demander de plus? Rien à ajouter, sauf qu’un festival comme POP Montréal, aussi riche en talent et en découvertes, on en voudrait plus qu’une fois par année.

– Edith Paré-Roy