Crédit: Spencer Tunick, Montréal 2 (Musée d’art contemporain de Montréal), 2001

Le Musée d’art contemporain (MAC) fête ce mois-ci ses 50 ans d’existence avec la ferme intention de célébrer le tout en notre compagnie.

Trois nouvelles expositions ont été créées spécialement pour l’occasion :

La Beauté du Geste (muséographie ouverte)

Un hommage aux artistes, galeries, collectionneurs et fondations qui enrichissent la collection du musée en faisant don de leurs œuvres. L’exposition présente une sélection de 200 œuvres parmi les 3 500 offertes au MAC depuis sa fondation (sur un total de 7 800 œuvres répertoriées). Vous y trouverez un aperçu flamboyant du calibre et de la diversité de ces dons (50 ans : 50 dons), une section organisée sous le thème de l’intensité de la démarche de l’artiste et une dernière section qui gravite autour de l’éclatement de l’objet, le tout réparti sur cinq salles.

Ainsi que deux GROS coups de cœur qui m’ont simplement jetée par terre.

-Citizens Band (2012) de l’Australienne Angelica Mesiti

Présentée en première nord-américaine, l’œuvre vidéo composée de quatre projections nous présente successivement quatre portraits d’immigrés. Par l’intermédiaire de la musique, c’est une parcelle de leur culture et de leur monde intérieur qu’ils dévoilent dans différents espaces publics avec une simplicité de moyen fascinante. On passe de la chanson raï à la tradition des grands siffleurs, et des chants de gorge aux percussions aquatiques (qui m’ont particulièrement renversée de par la complexité de cette technique que je n’avais encore jamais vue). Sur le plan de la sensibilité, la chanson raï dans le métro m’a dévastée en douceur.

-Pulse Room (2006) du Montréalais d’adoption, d’origine mexicaine Rafael Lozano-Hemmer

Présentée à la Biennale de Venise en 2007, l’œuvre relationnelle et interactive continue de subjuguer le monde entier. Imaginez 300 ampoules au plafond, chacune ayant un scintillement distinct; ajoutez à cela un paysage sonore aussi minimaliste qu’enveloppant. L’œuvre pourrait se limiter à cela si ce n’était de la borne (deux poignées devant une ampoule à l’écart des autres). Vos mains sur les capteurs permettent d’envoyer des données sur votre pouls, votre circulation sanguine, etc. La pièce est alors plongée dans l’obscurité, jusqu’à ce qu’au plafond s’illumine votre « pouls lumineux ». Effet domino : votre ampoule allume l’ampoule voisine (celle de la personne passée à la borne avant vous) et ainsi de suite, jusqu’à rallumer les 300 ampoules de la salle. Lors de la visite, Lozano-Hemmer nous a confié que l’idée lui est venue en voulant écouter simultanément les battements de cœur de ses deux jumeaux encore dans le ventre de leur mère. Il s’intéressait aux harmonies ou syncopes naturelles créées par différent pouls.

Les trois expositions ci-dessus se déroulent jusqu’au 7 septembre 2014

N’oubliez pas que l’entrée au MAC est à moitié prix tous les mercredis soir de 17h à 21h (une carte CAA vous donne également en tout temps un billet gratuit à l’achat d’un billet régulier).

Tarif régulier: 14$ (adulte) & 10$ (étudiant)

Pour tous les détails, visitez le site Internet du MAC.

– Jade Fraser