La veille, à 22h30, j’étais au téléphone avec Info-Santé parce que mon chat Comtesse Viviane m’avait sauvagement attaquée la jambe par inadvertance (oui par inadvertance) et que l’infection était pognée raide là-dedans. J’avais réussi à semer une petite panique autour de moi, or donc j’avais concédé à aller voir un médecin (genre bientôt). Mon amie Mélissa m’avait assurée qu’on pourrait s’arrêter à l’hôpital en arrivant à bon port. Parfait!

Mon premier FME, jour un, je m’étais mise en tête d’aller voir le pharmacien pour quelques trucs d’apaisement pré-salle d’attente à l’urgence, avant d’arriver à l’appartement de notre chauffeur désigné. Je veux dire on avait quand même huit belles heures de route devant nous. Trop de bonne heure, tout était fermé. « Salut, es-tu debout? Je suis d’avance, la pharmacie est fermée, scuse. »

C’est ainsi que débuta ma journée, beaucoup trop tôt, avec la bouille sympathique de mon collègue et ami du Canal auditif. Il courrait après son temps, en crissant des morceaux de linge éparses, d’une main, dans son sac et en se brossant les dents de l’autre. C’est exactement pour cette raison que je déteste arriver à l’avance. M’enfin.

En route, alors que les gars à l’avant parlaient des différences entre les Français et les Québécois en termes de relations amoureuses, les autres travaillaient sur divers textes. Moi, je me concentrais pour ne pas être la première gossante qui call la nécessité d’un arrêt toilettes.

Deux petites haltes, encore quelques kilomètres dérobés, un exposé oral sur les problématiques sociales des habitants de Malartic, une poche de gummy bears, des tentatives de sieste, l’album complet The Age of Adz de Sufjan Stevens, quelques mines d’or et nous étions rendus à Rouyn-Noranda.

La première chose que j’ai visitée est l’hôpital. Badass, n’est-ce pas? J’en étais moins convaincue après plusieurs longues heures à niaiser sur mon cell. Je m’étais fait amie avec celle qui semblait être la mère de la salle d’attente. Elle était géniale! Elle s’excusait de pointer du doigt, disait à son mari de cesser de sacrer, rigolait avec les infirmières, tout en médisant sur l’enfant malade qui ne cessait de pleurer et en ricanant dans le dos de la dame qui portait un manteau « Voyons, est-ce qu’il va neiger à soir pis personne ne nous l’a dit? ». Belle dame de contraste, mais surtout gardienne de mon enflure. Elle vérifiait aux demi-heures l’état de ma plaie et m’étalait ses observations. J’ai eu envie de me coucher sur son épaule.

Des amis m’ont proposé de m’apporter à manger et de venir me tenir compagnie, alors que d’autres s’informaient de ma situation. Au bout d’une éternité de moment, on m’a piquée de différents médicaments pour me réparer. Le personnel m’a souhaité bon FME, la docteure m’a donné la permission de boire quelques verres au cours de la fin de semaine, pour pouvoir être dans la gang. Entrer dans le moule, tu sais. C’est ainsi que j’ai poussé la porte de l’hôpital, dans un froid inattendu, à la lueur de la lune blanche.

Lessivée, j’ai téléphoné au service de navette du festival. Deux charmantes bénévoles sont venues me déposer au pas de la porte du motel. En chemin, inquiète, je leur ai fait part de ma déception d’être la première graine à tourner le dos à cette journée coup d’envoi. Dans un rire étouffé, elles m’ont rassurée en m’expliquant qu’elles avaient déjà commencé à ramener des journalistes fatigué(e)s à leur chambre. Même éclopée, je n’avais pas à avoir honte de mon manque de rigueur à la fête. Génial! J’allais pouvoir dormir sur mes deux oreilles.

Sauf que j’ai été réveillée en grande pompe par ma comparse de chambre, qui à 3h45 am m’a téléphonée dans une demi-voix en complète hilarité : « Tu as barré les portes par en dedans. Voir que tu as fait ça, comment peut-on rentrer maintenant? Viens nous ouvrir s’il-te-plait. » Dude, une clé ça débarre les portes, je sais pas, peut-être que c’est ce que j’avais en tête. Non, pas ici… Eh bien coudonc! C’en est suivi d’une poussée de fièvre violente qui se mélangeait à l’état comateux des fins de soirée brumeuses. C’était la galère, on ne parlait plus le même langage, tout le monde en semi-panique. On a dû s’endormir chacun dans son état un peu louche, puisque le reste est flou.

À tantôt (pour vrai) FME. J’ai hâte.

Le FME, du 30 août au 2 septembre. Consultez la programmation ici.

 Audrée Loiselle

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