Dans la fourmilière musicale qu’est Montréal, ce ne sont pas tous les groupes qui bénéficient d’une visibilité favorable, du moins adéquate, pour faciliter leur émergence. Popeye Trojka fait partie de ces groupes énergiques et passionnés qui sont légion dans la métropole, et il possède des qualités qui en font un groupe à surveiller : des textes intelligents chantés sur fond de rock punché et mélodique.

 Popeye Trojka est composé de Renaud Rouverand à la guitare et au chant, d’Arnaud Blaszkowski à la batterie (deux français habitant au Québec depuis plus de 8 ans) et du saguenéen Patrick Villeneuve (nouveau bassiste depuis fin 2011). Lorsqu’on leur demande de définir leur son, Blaszkowski dit rapidement : « C’est vachement rock français! » On ne peut le contredire à ce sujet, car dès les premières écoutes, les influences françaises sont notables et bien intégrées. On pense un peu aux Sheriff, à Noir Désir… Et la voix de Rouverand évoque un Alain Bashung aux intonations bérurières. Une sorte de punk à la Pixies, alliant avec brio simplicité, efficacité et mélodie. « Ça reste du rock, il ne s’agit pas seulement d’enchaîner les accords, mais d’écrire les meilleures mélodies. Comme nous ne sommes que trois, il faut meubler, donc il faut sonner! » mentionne Blaszkowski. Pour sonner, ça sonne : une force de frappe percutante à la batterie, une guitare qui préconise la distorsion plutôt que les effets et les excellentes lignes de basse de Villeneuve donne un côté plus « jeune, plus nord-américain » aux dires de Blaszkowski. Entre les trois, l’esprit d’équipe est palpable et si Rouverand compose la majeure partie des chansons, les arrangements se font en équipe ; équipe contenant une carte cachée, Cyril Leguern, qui assure le management du groupe et collabore à l’occasion aux arrangements.

 Pour l’instant, le groupe donne des shows sans relâche parce que, selon eux, tout passe par là. On peut espérer la sortie d’un EP au cours de l’année 2012, car une écoute attentive est nécessaire pour saisir toute la prose lucide de Rouverand – ces « coups d’état d’âme » comme il dit – dont la voix, en spectacle, lutte parfois contre le mur de distorsion de Popeye Trojka. À découvrir.

– François-Charles Lévesque

 Popeye Trojka sera en spectacle le 13 avril 2012 au Finegan’s Irish Pub (5202 Chemin Queen Mary)

 http://www.myspace.com/popeyetrojka