VioleTT Pi / Photo : Olivier Dénommée

Grosse soirée hier pour POP Montréal. Les choix déchirants étaient de mise entre U.S. Girls, Koriass et autres incontournables. Qu’est-ce qui a gagné notre attention?

Patrick Watson

C’est dans une maison beaucoup trop jolie d’Outremont que Patrick Watson a présenté un spectacle secret à quelques personnes qui ont été averties par courriel peu de temps avant. Inutile de dire que l’excitation régnait dans le public, qui se demandait visiblement ce que l’auteur-compositeur-interprète allait bien pouvoir lui réserver. Nouvelles chansons? Succès? Ou autre? Un peu de tout ça, finalement.

L’artiste a débuté son tour de chant en nous présentant «une chanson sur laquelle il avait travaillé la veille». Rien de moins. Jolie mélodie pour bien démarrer la soirée, qui allait s’avérer finalement plus cocasse que prévu. C’est que Watson s’est lancé le défi d’improviser, en demandant aux spectateurs de nourrir son inspiration à coups de titres de chansons – inventés ou pas. Gregory Charles, sors de ce corps! Vous le devinez déjà, on était toutefois loin de cette vibe.

Patrick Watson / Photo : Clyde Henry

En grande forme, passant du piano à la guitare, Patrick Watson a réussi à offrir de sacrées belles chansons à partir des suggestions du public comme «Flaming Hot Cheetos», «Murder» et «Change Your Face». Un plaisir à voir et à entendre. Si les rires ont fusé à l’écoute des paroles presque absurdes de ces pièces inventées devant nous, ils se sont tus dès les premières notes de Lighthouse et The Great Escape. En tout et pour tout, un moment privilégié qu’on espère revoir dans une formule plus officielle. C’est qu’il sait improviser ce Watson!

Laurence-Anne

Rendez-vous au Lion d’Or pour une des soirées incontournables de la programmation francophone de POP. Première à briser la glace, Laurence-Anne a visiblement gagné en assurance depuis la dernière fois qu’on l’a vue, à la finale des Francouvertes 2017, nous livrant toujours son «prock mystère» aussi envoûtant qu’il est dur à décrire clairement en peu de mots. On sent qu’elle a aussi trouvé sa voix pour interagir efficacement avec son public. «Plus d’ombre, plus de mystère» est probablement la phrase-clé de son set de 35 minutes.

Habituée de jouer en quatuor, Laurence-Anne s’est gâtée (et a gâté le public) en invitant une saxophoniste ténor sur scène pour accompagner plusieurs chansons. C’était une première, de son propre aveu, et ça paraissait un peu : le sax aurait pu être encore mieux exploité, et on espère qu’elle continuera de peaufiner la formule parce que le potentiel est là. Bonne nouvelle, un album s’en vient très bientôt, si on se fie aux indices qu’elle nous a lancés. On suivra ça de près!

Laurence-Anne / Photo : Olivier Dénommée

Mon Doux Saigneur

On a entendu Mon Doux Saigneur en spectacle à deux reprises. Les deux fois, en formule solo. Disons qu’Emerik St-Cyr Labbé est un de ces artistes qui ont un talent pour composer de la musique, mais pas pour bien la recréer seul sur scène : il faut un groupe complet pour y rendre justice, et c’est justement ce que nous avions hier. L’enrobage s’approchait du son de l’album paru l’automne dernier, et a pris une tangente country à plusieurs reprises. Saluons les musiciens qui ont gardé leur sang froid malgré les discussions bruyantes dans la salle. On se serait cru dans un 5 à 7 tellement ça jasait sans respect pour les artistes sur scène. Et mentionnons aussi l’improvisation du chanteur lorsqu’il a constaté à la dernière chanson que son micro était tombé par terre : plutôt que de lâcher sa guitare pour le ramasser, il s’est plutôt couché par terre pour chanter. Pourquoi pas?

Et à moins d’avoir des problèmes d’ouïe, il nous semble avoir entendu que Mon Doux Saigneur allait lancer un nouvel album dans le prochain mois. Disons qu’on est curieux d’entendre l’évolution de sa musique en studio!

Mon Doux Saigneur / Photo : Olivier Dénommée

VioleTT Pi

Il était presque minuit au Lion d’Or, mais on ne pouvait pas complètement manquer le spectacle de VioleTT Pi, projet survolté de Karl Gagnon. C’était en fait notre baptême et les mots nous manquent pour décrire l’expérience. C’est intense, bizarre et ça fait sortir le méchant. Et c’était beau de voir des mosh pits à répétition au Lion d’Or. On a dû quitter après 35 minutes, mais en se promettant que ce n’est que partie remise.

VioleTT Pi / Photo : Olivier Dénommée

La fin de notre couverture de POP Montréal demain!

POP Montréal, du 26 au 30 septembre. Pour toute la programmation, c’est ici.

– Olivier Dénommée et Mélissa Pelletier

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