Connaissez-vous Hildegarde de Bingen? Figure marquante de la musique, cette femme inspirante du XIIe s’est aussi illustrée comme femme de lettres, linguiste et médecin. Pas étonnant qu’elle ait été le point de départ de l’oeuvre-concert Perspectives d’Hildegarde des Productions Fiolûtröniq et Productions SuperMusique, qui sera bientôt présentée par le Groupe Le Vivier à l’Espace Aline-Letendre du Gesù. Entrevue avec la flûtiste Marie-Hélène Breault, une des têtes pensantes de ce spectacle.

Pourquoi s’intéresser à l’oeuvre d’Hildegarde? « C’est une femme importante dans le monde de la musique, mais qui n’était pas seulement fascinante pour cette raison. Elle était aussi femme de lettres, médecin et linguiste. Elle a même inventé une langue, un mélange d’allemand et de latin qu’elle était la seule à comprendre. C’était vraiment une visionnaire. Une personne en avance sur son ère. Sincèrement, ça fait des années qu’elle m’intéresse! »

C’est en discutant avec Pamela Reimer, qui sera aussi interprète dans Perspectives d’Hildegarde, que Breault a eu envie de pousser plus loin son intérêt.

Elle m’a raconté avoir joué un extrait d’Hildegarde sur scène avec Beverley Johnston. Ça m’a trotté dans la tête un temps, et j’ai finalement décidé de me pencher sur cette figure médiévale. »

Comment mettre en musique une telle fascination? « De plusieurs façons! Les huit pièces qui seront présentées sont complètement différentes. Certaines compositrices se sont inspirées des pièces d’Hildegarde. D’autres se sont plutôt inspirées de la langue inventée. »

Sur scène, les quatre interprètes – Marie-Hélène Breault, Pamela Reimer, Ghislaine Deschambault et Beverley Johnston – ne feront pas un usage classique des instruments à leur disposition. « Ça risque d’être assez éclaté. Dans certaines pièces, par exemple, la pianiste va être appelée à siffler. De mon côté, je vais à un certain moment jouer du piccolo tandis que les autres vont se promener avec des téléphones pour faire résonner des sons de cloches de yacks. » Vous avez dit original?

C’est Alice Ronfard qui est en charge de la mise en espace. « Je préfère ce terme à “mise en scène”. On voit le spectacle comme un tout. Ce n’est pas un concert classique. Le Gesù permet cette liberté, vu qu’on a accès à un très vaste espace. On s’est créé une scène, mais on se déplace beaucoup. Le son ne provient pas toujours du même endroit. Cette dimension scénique est partie intégrante de l’oeuvre. Les spectateurs risquent d’être dans une écoute très active! »

Pourquoi assister à cette oeuvre-concert? « Déjà, parce qu’Hildegarde de Bingen est une femme fascinante. Mais surtout parce que c’est une occasion de découvrir huit perspectives différentes sur son oeuvre. Je ne crois d’ailleurs pas qu’il y ait eu récemment des spectacles similaires à Montréal. Les concerts de musique contemporaine qui intègrent à ce point des oeuvres du passé, c’est plus rare. C’est une belle perspective de la musique nouvelle, sans être en rupture avec notre passé. »

Mélissa Pelletier

Perspectives d’Hildegarde, les 5 et 6 avril à l’Espace Aline-Letendre du Gesù. Pour toutes les informations, c’est ici.

* Cet article a été écrit en collaboration avec le Groupe Le Vivier.

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